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Formation initiale des orthophonistes

12 ème législature

Question écrite n° 15568 de M. Jean-Pierre Plancade (Haute-Garonne - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 20/01/2005 - page 149

M. Jean-Pierre Plancade attire l'attention de M. le ministre des solidarités, de la santé et de la famille sur le projet de réforme de la formation des orthophonistes, et notamment sur l'inquiétude des professionnels quant à l'intégration de cette formation dans le cursus LMD (Licence-Master-Doctorat). En effet, ce projet de réforme prévoit de sanctionner la formation des orthophonistes par la délivrance d'une licence professionnelle acquise en trois ans, et prévoit la création d'un master de spécialisation. La création de cette licence entraînerait la dévalorisation de cette formation qui se déroule actuellement sur quatre ans, et qui comporte donc un nombre d'heures supérieur au crédit d'heures permettant l'obtention d'une licence. Cette réforme se ferait donc au détriment de certains enseignements dont la suppression serait préjudiciable à la qualité de la formation et au niveau de compétence de ces professionnels. En outre, la création du master de spécialisation, dans ce contexte, entraînerait une discrimination dans l'accès aux soins et favoriserait la mise en place d'une orthophonie à deux vitesses. Les orthophonistes considèrent que seule une réforme fondée sur la délivrance d'un master spécialisé totalisant 300 ECTS répondrait au niveau de compétence et de qualité de soins exigé dans l'exercice de leur profession. Il lui demande donc de bien vouloir lui indiquer les motifs qui le conduisent à favoriser le choix de la licence professionnelle et les mesures qu'il entend prendre pour répondre aux inquiétudes légitimes de ces professionnels.



Réponse du Ministère des solidarités, de la santé et de la famille

publiée dans le JO Sénat du 24/02/2005 - page 571

La qualité des soins est une préoccupation constante du Gouvernement. La compétence des professionnels de santé qui repose sur un processus adapté de formation en est un facteur essentiel. Les orientations prises en matière de formation des professions de santé dont font partie les orthophonistes s'organisent autour de la formation initiale et, depuis la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, de la mise en place d'une obligation de formation continue. S'agissant de la formation initiale, deux orientations sont privilégiées : son recentrage sur les connaissances incontournables nécessaires à l'acquisition des compétences liées au coeur du métier et l'amélioration de sa qualité, notamment par des stages plus formateurs et parfois moins nombreux - avec mise en place d'un vrai tutorat. En parallèle, la mise en place d'une formation continue, inscrite dans la loi précitée, permettra de compléter, tout au long de la vie, les connaissances et les compétences acquises en formation initiale et de les adapter aux évolutions des techniques, de la société et des changements de lieux d'exercice du professionnel. La réforme licence, master, doctorat (LMD) s'inscrit dans cette logique. Elle permettra la mise en place de passerelles entre professions, des évolutions de carrière et des échanges internationaux avec les pays de l'Europe. Une réflexion sur la mise en place de ce dispositif est actuellement menée par le ministère de la santé et le ministère de l'éducation nationale. Cette réflexion ne vise en aucun cas à créer une orthophonie à deux vitesses puisque le niveau de sortie qui sera proposé permettra d'effectuer, comme actuellement, la rééducation orthophonique adaptée à tous les types de pathologies prises en charge. Elle n'est pas encore finalisée. Cette réflexion devrait faire l'objet, dans les prochaines semaines, de réunions de présentation du dispositif aux différentes professions concernées avant d'engager avec elles, si elles adhèrent aux grandes orientations qui seront définies et souhaitent s'engager dans la démarche proposée, le travail sur la réforme du contenu des programmes à partir de la description du métier. En tout état de cause, les formations actuelles persistent. Les propositions de cursus universitaires émaneront à titre expérimental des universités.