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Situation des classes préparatoires vétérinaires

12 ème législature

Question écrite n° 15597 de M. Jean-Pierre Plancade (Haute-Garonne - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 20/01/2005 - page 143

M. Jean-Pierre Plancade souhaite attirer l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche sur la situation difficile des classes préparatoires vétérinaires BCPST. La période actuelle de transition, suite à l'entrée en vigueur de la réforme des classes préparatoires vétérinaires à la rentrée 2003, souffre d'écueils qu'il devient urgent de résoudre. Premièrement, les étudiants qui passeront le concours en 2005, la première promotion de la réforme, risquent d'avoir un nombre de places beaucoup plus limité que le nombre annoncé. En effet, en 2003 une classe prépa avait été maintenue pour les redoublants du concours précédent. Ces redoublants, les derniers à passer le concours selon l'ancienne formule, ont bénéficié de 328 places sur les 400 que comptent les écoles vétérinaires. De fait, il ne restera pour les étudiants passant le concours en 2005 que peu de places (on parle d'une centaine). En toute logique le taux de réussite diminue grandement, non pas par nécessité mais bien à cause d'une erreur de programmation. Alors que les enseignants, les étudiants et leurs familles sont tenus dans l'incertitude la plus totale, il souhaiterait connaître le nombre de places qui seront garanties au concours 2005. Secondement, la question des capacités d'accueil, dans les lycées en charge des classes préparatoires, pour les redoublants de deuxième année qui souhaiteront repasser le concours demeure très problématique. Devant le surnombre prévisible de ces redoublants, certains responsables ont évoqué la possibilité de ne délivrer une autorisation de redoublement qu'aux étudiants ayant échoué à l'ensemble des concours (ENV, banque Agro, ENS). Si cette option devait se confirmer, cela reviendrait à imposer aux candidats le choix de leur métier en interdisant à un étudiant de repasser le concours de la filière qui l'intéresse au titre qu'il en a réussi un autre. C'est pour le moins inquiétant. Qu'en est-il de cette question ? Alors que la réforme des classes préparatoires vétérinaires a été saluée par l'ensemble des acteurs, ces derniers sont tout aussi unanimes pour dénoncer la dérive actuelle. Il l'appelle à éclaircir cette situation et à prendre les mesures qui s'imposent pour rassurer les étudiants de ce cursus difficile.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche

publiée dans le JO Sénat du 10/03/2005 - page 682

Depuis la rentrée scolaire 2003, les classes préparatoires à l'entrée dans les écoles vétérinaires ont vu leur cursus passer de 1 à 2 ans, les écoles ayant choisi de recruter les futurs étudiants sur la base des programmes des classes préparatoires de la voie BCPST (biologie, chimie, physique et sciences de la Terre). La préparation des étudiants est indifférenciée, les modalités de sélection relevant désormais d'une banque commune d'épreuves. La prépa dite « véto » en un an permettait aux étudiants de se présenter uniquement au concours des écoles vétérinaires, et seulement à deux reprises. Il en résultait un taux d'échec important, souvent dénoncé. L'adoption d'un programme de préparation commun à l'ensemble des écoles a des effets positifs pour les candidats, qui peuvent maintenant se présenter à plusieurs concours, écoles vétérinaires, écoles nationales des sciences agronomiques, écoles nationales d'ingénieurs des travaux ruraux, écoles normales supérieures... De plus, la classe préparatoire en deux ans permet aux étudiants d'acquérir une solide formation scientifique générale, de mieux les préparer à la diversité des métiers qu'ils seront amenés à exercer, en particulier dans le domaine de la sécurité alimentaire et de la nutrition animale. On ne peut donc prendre en considération les seules places offertes par les écoles vétérinaires, qui dans une phase de transition ont été réduites du fait du passage du niveau de recrutement de bac + 1 à bac + 2. A la rentrée 2005, les écoles vétérinaires accueilleront les 265 intégrés recrutés à bac + 1 à la rentrée 2004 et 180 lauréats du concours 2005 recrutés à bac + 2, soit au total 445 étudiants. A la rentrée 2006, le nombre de places retrouvera le niveau antérieur. A ces places s'ajoutent celles ouvertes dans les écoles d'agronomie et les écoles normales supérieures, soit environ 1 320 places. Les étudiants qui seraient amenés à redoubler leur deuxième année de classe préparatoire pourront être accueillis dans les lycées dans des conditions qui ne peuvent être fixées numériquement à l'avance compte tenu des aléas des résultats aux divers concours auxquels ils se présenteront et des choix personnels qu'ils feront s'ils n'ont aucun succès, soit de poursuivre dans cette voie, soit de rejoindre une autre formation. Toutefois, on ne doit pas perdre de vue que les étudiants de première année ont vocation à passer en deuxième année et que leur passage en deuxième année ne saurait être empêché, dès lors qu'ils en ont le niveau, au motif d'accueillir prioritairement les redoublants. Les redoublants pourront être admis dans la limite des capacités disponibles, après accès des étudiants de première année en seconde année. Comme, dans cette voie, un nombre non négligeable d'étudiants abandonnent la classe préparatoire en fin de première année, en moyenne 300, il ne devrait pas y avoir de problèmes majeurs pour accueillir les redoublants.