Question de M. MASSON Jean Louis (Moselle - NI) publiée le 27/01/2005

M. Jean-Louis Masson attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche sur le fait que l'association Lorraine des professeurs de langues anciennes (ALPLA) a publié une motion indiquant notamment : " Depuis près de quinze ans, l'enseignement des langues anciennes, à savoir le grec ancien et le latin est menacé tant au collège qu'au lycée. Sa place y est marginalisée au nom de la modernité. D'autres arguments sont souvent invoqués : le déclin de cet enseignement, son élitisme, quand ce n'est pas son manque de rentabilité ou l'offre pléthorique d'options. Le débat parlementaire devrait permettre de ne pas en rester à ces analyses et de définir de façon plus approfondie les enjeux. Les langues et cultures de l'antiquité classique sont inscrites dans la civilisation française et dans les civilisations des autres nations européennes. Les 70 000 signatures de l'appel lancé au printemps 2004 par six associations, dont la CNARELA, ont montré clairement l'intérêt que représente l'enseignement du grec ancien et du latin pour les parents soucieux de la qualité de la formation destinée à leurs enfants, ainsi que pour les nombreux professionnels qui en ont tiré profit : scientifiques, juristes, médecins, éditeurs... Le grec ancien et le latin sont des langues de culture dont la pratique, grâce à la lecture des textes, donne un sens en permanence renouvelé aux questions les plus contemporaines. Si le ministre de l'éducation nationale en charge de ce dossier, s'appuie sur certaines conclusions du rapport Thélot, le socle fondamental de connaissances ne comportera plus que la pratique de deux langues, le français et une langue vivante étrangère... Il est donc, de notre point de vue, absolument capital que la place du grec ancien et du latin dans le système éducatif soit explicitement rappelée de manière à ce que le plus grand nombre de collégiens et de lycéens soient, dans les prochaines années, amenés à mieux connaître la part essentielle de l'héritage gréco-latin dans la culture française et les cultures européennes ". Eu égard à l'intérêt de cet argumentaire, il souhaiterait qu'il lui indique les mesures qu'il envisage pour répondre aux problèmes posés.

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Réponse du Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche publiée le 17/03/2005

Les langues anciennes ont une place importante dans la formation intellectuelle des élèves. Au collège, l'enseignement facultatif de latin, dispensé à partir de la classe de cinquième, a vocation à être poursuivi sur l'ensemble de la scolarité. Quant à l'enseignement du grec, qui est proposé à partir de la classe de troisième, il suscite l'intérêt des élèves, puisqu'on observe une augmentation régulière des effectifs de collégiens qui le choisissent. De plus, s'agissant de la classe de 3e, l'arrêté du 2 juillet 2004, relatif à l'organisation des enseignements du cycle d'orientation, applicable à partir de la rentrée scolaire 2005-2006, confirme la possibilité pour les élèves de suivre à la fois un enseignement de grec et de latin, dans la mesure des capacités des collèges. Par ailleurs, il est également possible de proposer un enseignement de latin en classe de cinquième et un enseignement de grec en classe de troisième aux élèves des classes dites « bilangues », mises en place à titre expérimental, conformément aux dispositions de la circulaire de préparation de la rentrée 2004 n° 2004-015 du 27 janvier 2004. En ce qui concerne le lycée, il a été décidé d'augmenter le coefficient des épreuves de langues anciennes au baccalauréat, à compter de la session 2006. Enfin, un concours spécifique aux langues anciennes destiné à valoriser ces enseignements en mettant en exergue leur modernité est proposé cette année aux élèves de 3e, 2e et 1re. Ce concours, intitulé « langues et culture de l'Antiquité gréco-latine », a pour thème dans sa première édition : « Mythes et réalités : figures du conquérant et du héros ». Les élèves son invités à concevoir une réalisation collective et pluridisciplinaire, ayant pour sujet une ou des figures historiques devenues mythiques. Cette réalisation doit conjuguer les dimensions linguistique, iconographique et sonore. Ses modalités sont définies sur le site www.eduscol.gouv.fr.

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