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Avenir de l'enseignement des sciences économiques et sociales

12e législature

Question orale sans débat n° 0671S de Mme Anne-Marie Payet (La Réunion - UC)

publiée dans le JO Sénat du 16/02/2005 - page 961

Mme Anne-Marie Payet souhaite attirer l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche sur l'avenir de l'enseignement des sciences sociales dans le cadre de la réforme envisagée par le projet de loi d'orientation pour l'école. Les sciences économiques et sociales sont un enseignement de culture générale dispensé en lycée depuis plus de 35 ans : en seconde, sous la forme d'un " enseignement de détermination ", et en première et terminale économique et sociale (ES) où cette discipline constitue la matière dominante. Elle rappelle qu'en seconde générale et technologique, seconde dite " de détermination ", les élèves doivent actuellement choisir deux " enseignements de détermination ", assortis d'éventuelles options facultatives. Le choix d'une LV2 s'avère, de fait, quasi obligatoire pour la poursuite d'études en lycée général ou technologique. Les chiffres de la rentrée 2002 révèlent que 45 % des élèves optent pour les SES et que le binôme LV2-SES est au final choisi par 41 % d'entre eux. Elle ajoute, par ailleurs, qu'en sciences économiques et sociales, les élèves bénéficient présentement de dédoublements à raison d'une heure par quinzaine en seconde et d'une heure par semaine en première et terminale. Ces travaux dirigés se révèlent être d'une grande utilité pédagogique. En effet, ils permettent de travailler les méthodologies particulières aux sciences économiques et sociales, en particulier l'exploitation des données et outils statistiques qui comporte des exigences particulièrement fortes en SES (la réflexion sur la construction des données qui " construisent " la réalité sociale faisant partie intégrante du programme). Elle précise, néanmoins, que s'ils se félicitent que soit réaffirmé le maintien de trois séries d'enseignement général, dont la ES, et s'ils prennent acte du fait que, suite à leur mobilisation, le ministère a bien voulu infléchir sa position en intégrant dans le tronc commun la deuxième langue vivante qui aurait concurrencé les SES comme enseignement de détermination, les professeurs de sciences économiques restent inquiets des conséquences préjudiciables que certaines propositions du projet de loi d'orientation sur l'école pourraient avoir sur la discipline et la série ES. Ainsi, le projet de loi prévoit la suppression des dédoublements, tout en encourageant l'utilisation des méthodes " actives ". Comment peut-on espérer une efficacité pédagogique des méthodes " actives " si elles sont pratiquées dans des classes de 30 élèves ou plus ? Le projet de loi aurait comme effet paradoxal de proposer des mesures allant à l'encontre de ses objectifs. C'est pourquoi l'association des professeurs de sciences économiques et sociales de la Réunion demande à ce que les sciences sociales soient intégrées au tronc commun des secondes générales et technologiques. Ils souhaitent également que soit pérennisé le système de dédoublement dont les élèves de sciences sociales bénéficient actuellement. Dans ce contexte, elle lui demande donc quelles suites il envisage de réserver à ces propositions sachant qu'à la Réunion, pour la seule rentrée scolaire 2004, 59,3 % des élèves de seconde ont choisi l'option SES contre 45,5 % en moyenne pour l'ensemble des académies, et que la filière ES a enregistré, en moins de 10 ans, de 1995 à 2003, une progression de 94,6 % en nombre de bacheliers.



Transformée en Question écrite (n°16387)