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Présence et prestations de la Banque de France, notamment en milieu rural

12e législature

Question écrite n° 15979 de Mme Michèle André (Puy-de-Dôme - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 10/02/2005 - page 352

Mme Michèle André souhaite attirer l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur la place qu'occupent les représentations locales de la Banque de France dans le service rendu au public de particuliers et des collectivités locales, notamment des communes immergées dans le milieu rural. Face à la restructuration de la présence de la Banque de France à travers le territoire national, les salariés s'inquiètent et s'interrogent sur l'efficacité des bureaux d'accueil aux horaires d'ouvertures restreints. Ils pensent que les missions dédiées aux particuliers pour la gestion du surendettement, l'aide à la gestion des collectivités locales, l'expertise et le soutien au développement des territoires et des bassins d'emplois ne pourront être remplies correctement. Leurs représentants syndicaux demandent la constitution d'un groupe de travail réunissant les ministères de l'économie, de l'aménagement du territoire, de la cohésion sociale, ainsi que la Banque de France, la DATAR et les associations d'élus locaux. Ce groupe chargé de définir les modalités d'un dialogue entre toutes ces institutions pour une pleine information sur les prestations offertes pourra intervenir dans le choix de la présence de la Banque de France. Elle lui demande son point de vue à ce sujet ainsi que de mesurer les conséquences probables de réduction des jours d'ouverture pour les territoires les plus isolés.



Réponse du Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie

publiée dans le JO Sénat du 30/06/2005 - page 1774

Intégrée au système européen de banques centrales, la Banque de France a également le devoir de poursuivre sa modernisation, entamée depuis maintenant plusieurs années, en rationalisant ses structures et en adaptant ses activités comme l'ont fait ou sont en train de le faire ses partenaires étrangers. En outre, le contexte économique général, caractérisé par le très bas niveau des taux d'intérêt, a fait de la maîtrise de son compte d'exploitation un enjeu essentiel pour la Banque. Venant s'ajouter aux efforts constants que cette dernière fait depuis dix ans pour améliorer son efficacité, les réformes menées au sein de la Banque de France doivent permettre de garantir qu'elle rende à la collectivité nationale le meilleur service au moindre coût. Ainsi, la Banque de France a conduit en 2003 une réflexion visant à adapter son réseau de succursales à l'évolution, constatée et à venir, de ses métiers et de son environnement. Cette réforme à l'élaboration de laquelle ont été associés la représentation nationale, les élus locaux, les représentants du personnel et les différents partenaires de la Banque de France, a pour principe général de garantir l'équilibre entre les impératifs de proximité et d'expertise. En effet, pour un certain nombre de ses missions, et en particulier en matière de surendettement, la Banque de France doit maintenir une capacité d'accueil de qualité à destination du grand public. Néanmoins, le traitement efficace des opérations suppose qu'il s'opère sur des volumes suffisants de façon à réaliser des économies d'échelle tout en permettant une plus grande spécialisation des agents et le développement de leur expertise ; dans le domaine fiduciaire, l'ensemble de la filière, confrontée à des impératifs de productivité et de sécurité, a opéré un mouvement de concentration dont la Banque de France ne peut se tenir à l'écart. Ce principe a conduit la Banque de France à adopter, en décembre 2003, un plan de restructuration de son réseau dont la mise en oeuvre est prévue sur la période 2004-2006. Ce plan retient le principe d'une implantation par département, sur lequel repose pour l'essentiel la structure administrative et politique du pays, comme élément prépondérant de son maillage territorial. Ce principe a d'ailleurs été inscrit dans le contrat de service public conclu entre l'Etat et la Banque de France le 10 juin 2003, lequel garantit de plus que la capacité d'accueil de la Banque de France sera maintenue dans toutes les villes où cette dernière est aujourd'hui implantée. Conjuguée à ce principe directeur, la prise en compte des caractéristiques démographiques et économiques des différents bassins d'emploi ainsi que de celles propres aux opérations fiduciaires (implantation des sociétés de transport de fonds et distances kilométriques) a permis d'adapter les activités exercées par chacune des implantations futures de la Banque de France aux impératifs de proximité correspondants.