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Rôle de l'environnement dans l'apparition des cancers

12e législature

Question écrite n° 16077 de M. Bernard Piras (Drôme - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 17/02/2005 - page 445

M. Bernard Piras attire l'attention de M. le ministre des solidarités, de la santé et de la famille sur le rôle majeur de l'environnement sur l'apparition des cancers. De récentes études convergentes ont mis en évidence que plus de 60 % des cancers sont dus à des produits toxiques présents dans l'air, l'eau, l'alimentation et nos habitats. Les sources de pollution se multiplient : gaz d'échappement, agriculture irraisonnée, additifs alimentaires, colorants, conservateurs, cosmétiques... Il en ressort que près de 280 000 cancers nouveaux sont diagnostiqués chaque année. Des choix politiques s'avèrent désormais urgents en matière de santé, une alliance de prévention et de précaution, et cela malgré les pressions de toutes les industries concernées. Il lui demande de lui indiquer les mesures qu'il entend prendre pour lutter contre ce fléau qui met directement en danger l'avenir de l'être humain.

Transmise au Ministère de la santé et des solidarités



Réponse du Ministère de la santé et des solidarités

publiée dans le JO Sénat du 29/09/2005 - page 2486

L'incidence des cancers en France entre 1980 et 2000 est en augmentation de 60 %. Une partie de cette augmentation est liée au vieillissement de la population. Après ajustement sur l'âge, il demeure une augmentation de l'incidence de 30 %. Les données issues des registres des cancers montrent une augmentation des cancers de la prostate chez l'homme et des cancers du poumon chez la femme. Elles indiquent également une augmentation des mélanomes, des cancers du foie, de la thyroïde et du rein, des lymphomes non hodgkiniens, des tumeurs du système nerveux central, ainsi que des leucémies et des cancers du système nerveux. Selon plusieurs auteurs, dans les pays industrialisés, 7 à 20 % des décès par cancer seraient imputables à des facteurs environnementaux non liés à des comportements individuels : activités professionnelles (4 à 8,5 %), contaminants environnementaux présents dans l'alimentation (1 %), dans l'air, dans l'eau ou les sols (1 à 5 %), facteurs physiques (radiations, ultraviolets : 2 à 4 %), produits industriels de consommation (l à 2 %). Depuis 2003, le ministère chargé de la santé a intensifié et diversifié ses actions de lutte contre les cancers liés à l'environnement. Le plan de mobilisation nationale contre le cancer 2003-2007 prévoit dans le domaine des cancers professionnels, l'amélioration des connaissances, la prévention de ces cancers par le renforcement des contrôles des inspecteurs du travail, la sensibilisation des médecins au dépistage, des mesures réglementaires interdisant ou limitant l'utilisation de certaines substances chimiques cancérogènes et le suivi post-exposition des travailleurs. En 2005, l'Institut national du cancer et le ministère organiseront un colloque faisant le bilan des connaissances sur le thème des cancers liés à l'environnement. De plus, le plan national santé-environnement 2004-2008 préconise de renforcer les capacités d'évaluation des risques sanitaires liés aux substances chimiques, dans le cadre du projet européen REACH. D'autres actions de ce plan visent à réduire les émissions industrielles ou routières (benzène, cadmium, particules diesel), ainsi que la pollution des eaux notamment par les pesticides. Enfin le développement de la bio-surveillance permettra de mieux connaître l'imprégnation interne des populations aux principales substances cancérigènes et d'en surveiller les effets.