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Enseignement de l'italien

12e législature

Question écrite n° 16170 de M. André Vallet (Bouches-du-Rhône - UC-UDF)

publiée dans le JO Sénat du 24/02/2005 - page 513

M. André Vallet attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche sur l'enseignement de la langue italienne dans le cadre des mesures visant à promouvoir l'allemand. Il lui rappelle que ces dispositions visent à augmenter de façon très sensible la proportion des élèves parlant allemand, au détriment du nombre d'étudiants qui choisissent l'italien. Il lui indique quel'Allemagne est certes le premier partenaire économique de la France, mais que l'Italie vient tout de suite après, et que ce pays est même le premier partenaire économique des Bouches-du-Rhône. La place de l'italien dans les enseignements n'est certainement pas à la hauteur des besoins de contact avec notre deuxième partenaire commercial. Dès lors, il semble nécessaire que les mesures prises en faveur de l'allemand soient étendues à l'italien et ce de façon aussi volontariste, dans un souci d'équilibre, pour ne pas dire de rééquilibrage de l'enseignement des langues vivantes en France. Dès lors, il lui demande si le projet de loi " Fillon " visant notamment à promouvoir la langue allemande ne le fait pas au détriment de la langue italienne.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche

publiée dans le JO Sénat du 21/07/2005 - page 1980

Les dispositifs incitant le choix de l'allemand, notamment en langue vivante 2, font suite aux résolutions prises à l'issue du conseil des ministres franco-allemand tenu à Berlin, mardi 26 octobre 2004 et traduites par le plan de relance de la langue allemande présenté lors de la rencontre des recteurs d'académie français et des responsables scolaires allemands à Sarrebruck, le 12 novembre 2004. Le premier tableau ci-dessous, s'il montre l'urgence qu'il y avait à mettre en oeuvre un tel plan, laisse apparaître le bénéfice que tire l'italien de la politique de diversification conduite par le ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Le deuxième tableau décrit le détail de l'augmentation des effectifs d'élèves en italien, due à la forte progression de cette langue en LV2. Dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'italien, en dix ans, a globalement progressé de 44,34 % et de 57 % en LV2, ce qui montre la situation favorable dont il bénéficie dans cette région en raison notamment de la proximité de l'Italie. La discussion de la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école, adoptée par le Parlement, a révélé l'ambitieux plan projeté par le ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche pour la rénovation de l'enseignement des langues. Ce plan est fondé sur des mesures pédagogiques novatrices (groupes organisés en fonction des niveaux de compétences du cadre commun de référence du Conseil de l'Europe et un renforcement de cet enseignement à tous les échelons : à l'école, les langues seront enseignées de façon plus précoce, à terme dès le CE1) ; au collège, la deuxième langue le sera dès la classe de cinquième tandis que l'on veillera à assurer la continuité avec la première langue choisie à l'école ; au lycée, la deuxième langue vivante sera inscrite dans le tronc commun des enseignements de la classe de seconde générale et technologique. Seront également développées dans toutes les académies les sections européennes et les sections internationales. Afin de garantir le maintien de la diversité de l'offre linguistique, le Gouvernement n'a pas souhaité retenir la proposition de la commission du débat sur l'avenir de l'école d'inscrire l'anglais parmi les composantes du socle commun des connaissances et compétences indispensables ; le Parlement a confirmé ce choix en faveur de « la pratique d'au moins une langue vivante étrangère ». Ce plan devrait ainsi permettre de mieux appliquer les directives européennes qui incitent notamment à « l'apprentissage de deux langues vivantes en plus de la langue maternelle » et de « favoriser l'apprentissage de la langue européenne de proximité », ce dont la langue italienne ne pourra que tirer bénéfice, dans les académies du sud-est de la France. Les commissions académiques sur l'enseignement des langues, créées par la loi, pourront veiller à la promotion de cette langue auprès des établissements, des élus, des parents et des élèves. Toutes ces propositions devraient faire l'objet de mesures réglementaires prises séparément et dont la nature sera fixée par le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.1. Comparaison sur dix ans des effectifs des 4 langues les plus enseignées en France*


ALLEMANDVARIATION
en %
ANGLAISVARIATION
en %
ESPAGNOLVARIATION
en %
ITALIENVARIATION
en %
1994-19951 332 066 5 311 091 1 579 296 179 426
2004-2005 860 889 - 35,375 282 992 - 0,522 158 326+ 36,66236 927+ 32,04
* Source DEP : France métropolitaire + DOM, public et privé sous contrat.