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Projet de déclassement de la "Voie sacrée"

12 ème législature

Question écrite n° 16312 de M. Ivan Renar (Nord - CRC-SPG)

publiée dans le JO Sénat du 03/03/2005 - page 590

M. Ivan Renar attire l'attention de M. le ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer sur le projet de déclassement de la RN 35, dite « Voie sacrée ». Cette route, reliant Bar-le-Duc à Verdun, a joué un rôle essentiel lors de la Première Guerre mondiale. Elle fut un organe vital pour les troupes françaises engagées dans la bataille de Verdun, permettant l'arrivée de renforts, l'évacuation des blessés et l'approvisionnement en armes et munitions. Au lendemain du conflit, la « Voie sacrée » est devenue un lieu de mémoire rappelant à chacun que ce chemin fut, pour des millions d'hommes, la première et souvent la dernière étape d'un douloureux calvaire. Le déclassement de la RN 35 dans le réseau départemental porterait gravement atteinte à sa symbolique historique exceptionnelle. Considérant que la nation doit préserver les sites historiques majeurs, il lui demande de lui indiquer s'il compte réexaminer le dossier de la RN 35, pour que la « Voie sacrée » soit maintenue dans le réseau des routes nationales.



Réponse du Ministère de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer

publiée dans le JO Sénat du 31/05/2005 - page 1567

Les fonctions de desserte locale à l'échelle départementale que la RN 35 assure sont prépondérantes. Le niveau de son trafic, de l'ordre de 3 000 à 4 000 véhicules par jour, ainsi que ses caractéristiques géométriques ne la distinguent pas d'une route départementale. C'est cette analyse qui justifie aujourd'hui le transfert de cette route nationale, sachant qu'elle sera aussi bien sinon mieux gérée à l'échelle du département par le conseil général, dont le savoir-faire est reconnu. En se recentrant sur le réseau structurant constitué pour l'essentiel de voies rapides, l'État mettra en place une organisation radicalement différente à une échelle interrégionale permettant une gestion par axe. Cette organisation ne sera plus adaptée à la gestion qu'appelle la RN 35. Il est vrai qu'entre Bar-le-Duc et Verdun, cette route est également dénommée « Voie sacrée », avec toute la symbolique qu'une telle dénomination entraîne. C'est d'ailleurs le nom employé sur les cartes routières, le numéro de la route étant placé entre parenthèses. Ce qui importe aujourd'hui, ce n'est pas tant la domanialité de la route que la capacité à perpétuer la mémoire et donc le rôle tout à fait éminent, stratégique et d'intérêt national qu'elle a eu lors de la Grande Guerre. Il convient donc de préserver, sur les cartes routières et la signalisation de direction, la terminologie d'usage « Voie sacrée ».