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Chasse à courre et usage de chiens de chasse

12e législature

Question écrite n° 16399 de M. Jean-Marc Pastor (Tarn - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 10/03/2005 - page 644

M. Jean-Marc Pastor appelle l'attention de M. le ministre de l'écologie et du développement durable sur l'organisation de la chasse à courre en France. Ces pratiques, parce qu'elles impliquent la poursuite du gibier par des chiens de chasse, sont interdites en Allemagne, en Belgique et depuis peu en Grande-Bretagne et au Pays de Galles. Il lui demande de bien vouloir lui indiquer sa position quant à cette pratique de la chasse, étant entendu qu'interdire l'usage des chiens remettrait en question l'activité de la chasse.



Réponse du Ministère de l'écologie et du développement durable

publiée dans le JO Sénat du 12/05/2005 - page 1349

Le ministre de l'écologie et du développement durable a pris connaissance, avec intérêt, de la question relative à la pratique de la chasse à courre en France. La chasse, au-delà des débats qu'elle peut susciter, demeure un moyen de maîtrise des populations d'animaux sauvages absolument essentiel pour l'équilibre écologique d'une immense majorité de milieux naturels. Il est ainsi prélevé plus de 440 000 sangliers chaque année et plus de 400 000 chevreuils et ces quantités sont encore insuffisantes pour assurer un équilibre satisfaisant avec les activités agricoles et forestières et avec la préservation de nombreux milieux naturels. Pour sa part, la vénerie ne prélève qu'une très faible portion des plans de chasse attribués annuellement pour les grands gibiers (environ 3 % pour les cervidés, 0,20 % pour le chevreuil). Cette part est infinitésimale pour les autres espèces comme le renard, le lièvre et le lapin. La chasse à courre ne fait que reproduire les modes de prédation sauvage et les rapports entre espèces au sein de la nature. La charte de la vénerie française adoptée en 2004 a rappelé les principes essentiels de ce mode de chasse répondant aux interrogations que se pose le grand public. En complément de la réglementation, elle vise à garantir une cohabitation paisible entre les veneurs et les autres usagers de la nature. La vénerie est très largement pratiquée dans d'autres pays comme l'Irlande, les Etats-Unis, l'Australie ou la Nouvelle Zélande, et aucun d'entre eux n'envisage d'en interdire la pratique. Dans les travaux approfondis des trois dernières lois sur la chasse en 2000, 2003 et 2005, le Parlement s'est longuement penché sur les modes de chasse. A aucun moment, il n'a, jusqu'à présent, envisagé d'interdire la pratique de la chasse à courre dans notre pays.