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Réduction du chômage

12e législature

Question écrite n° 17218 de Mme Christiane Demontès (Rhône - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 21/04/2005 - page 1112

Mme Christiane Demontes attire l'attention de M. le ministre de l'emploi, du travail et de la cohésion sociale . A la fin de l'année 2004, le Premier ministre s'était solennellement engagé à réduire le chômage. Or, depuis plus de trente mois, il ne cesse d'augmenter dans notre pays alors qu'il baisse dans la zone euro. Cette crise de l'emploi est d'autant plus grave que les entreprises ont fortement crû leur activité et engrangé des bénéfices record. Face à cette crise néfaste pour l'ensemble de notre pays, les mesures jusqu'alors envisagées par le Gouvernement demeurent sans effet. Qui pis est, la baisse du nombre de contrats aidés accentue l'exclusion des demandeurs d'emploi de longue durée, alors que la politique de maintien des salaires handicape fortement la croissance. Avec un chômage qui a franchi la barre des 10 % de la population active et plus d'un million de personnes bénéficiaires du RMI, elle lui demande quelles mesures il compte rapidement prendre afin d'endiguer ce drame.

Transmise au Ministère délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes



Réponse du Ministère délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes

publiée dans le JO Sénat du 18/05/2006 - page 1389

L'année 2005 a été en effet marquée par une nette inflexion de la courbe du chômage : après s'être accru de façon pratiquement continue de la mi-2001 à la fin 2003 (+ 350 000, soit + 17 %), le nombre des demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE en catégorie 1 (personnes à la recherche d'un emploi à durée indéterminée et à temps plein) s'est stabilisé pendant l'année 2004 avant d'entamer une décrue sensible à compter du printemps. Mesuré selon la norme internationale du BIT, le taux de chômage suit la même tendance, et passe en dessous de la barre des 10 % (10,1 % en mars 2005, 9,6 % en janvier 2006). Cette baisse profite à l'ensemble des catégories d'âge comme aux deux sexes, tout en étant plus marquée chez les hommes (- 7,5 % depuis mars 2005). Elle s'observe aussi pour les chômeurs de longue durée, dont l'effectif diminue de 7,7 % au cours de la même période. Ces bons résultats sont obtenus alors que la conjoncture connaît depuis l'été une amélioration sensible. Après avoir soutenu l'activité en 2004, consommation et investissement ont peu progressé jusqu'en juin. C'est surtout le redressement de nos exportations, conjugué à la reconstitution des stocks dans les entreprises, qui tiraient la croissance. Celle-ci s'est nettement redressée au second semestre (+ 0,9 %), avec la reprise simultanée de la consommation des ménages (+ 1,4 %), des investissements des entreprises (+ 2,4 %) et des exportations (+ 4,1 %). En phase avec la conjoncture, l'emploi a lui-même connu une évolution positive : + 60 000 salariés affiliés à l'UNEDIC au cours des trois derniers trimestres. Encore dans ses premiers stades, la reprise de l'emploi marchand a contribué au récent recul du chômage. En témoignent le fort recul des inscriptions à l'ANPE à la suite d'un licenciement économique (- 32,3 % de mars 2005, janvier 2006) et à l'inverse la progression sensible des retours à l'emploi déclarés à + 7,6 %. L'action du Gouvernement pour l'emploi et la cohésion sociale a fortement contribué à ce redressement : du côté de l'emploi marchand, l'apprentissage continue de progresser (+ 5,2 % en un an), comme les contrats initiative emploi dans leur nouvelle formule (+ 36 %), tandis que le contrat de professionnalisation (97 000 bénéficiaires en janvier 2006) prend progressivement la suite des anciens contrats en alternance. Du côté des emplois non marchands, le nouveau contrat d'accompagnement vers l'emploi (CAE) connaît une rapide montée en charge (142 000 bénéficiaires). En revanche les entrées en stage de demandeurs d'emploi sont restées pratiquement stables entre mars 2005 et janvier 2006. Enfin, il convient de préciser que les bons chiffres du chômage ne procèdent nullement d'un « traitement statistique », les radiations administratives ayant connu un recul de 2,9 % au cours de la même période.