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Eléments chiffrés sur les lignes aériennes "low cost"

12e législature

Question écrite n° 17811 de M. Jean Louis Masson (Moselle - NI)

publiée dans le JO Sénat du 26/05/2005 - page 1467

M. Jean Louis Masson demande à M. le ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer de lui indiquer pour chaque aéroport situé en territoire métropolitain quel est le nombre de lignes aériennes dites « low cost ». Pour chaque aéroport, il souhaiterait également connaître pour l'année 2004 quelles ont été les subventions directes ou indirectes allouées par les collectivités locales et les autres collectivités participant à la gestion de l'aéroport afin de soutenir ces lignes dites « low cost ». Il souhaiterait aussi qu'il lui indique si le financement des compagnies dites « low cost » par des fonds publics ne génère pas une distorsion de concurrence au détriment des lignes régulières.

Transmise au Ministère des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer



Réponse du Ministère des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer

publiée dans le JO Sénat du 23/03/2006 - page 873

L'évolution récente du transport aérien a été marquée par l'essor de compagnies ayant recours à un modèle d'organisation innovant, orienté vers la rationalisation de leurs coûts. Si l'appellation de « compagnie à bas coûts » a pu être employée à la lumière de multiples critères (tarifs généralement attractifs, flotte d'avions récente et homogène permettant de rationaliser les frais de maintenance, substitution aux services commerciaux de systèmes de ventes par internet, recours à des services techniques d'escale réduits, absence de services à bord), la réglementation, tant nationale que communautaire n'a pas donné d'existence juridique à ce modèle d'organisation et ne connaît que la notion de transporteur aérien. En outre, il apparaît, sous l'effet de la concurrence, que les compagnies qualifiées par le passé de « nationales » proposent de plus en plus d'offres leur permettant de rivaliser avec les nouvelles compagnies sur les lignes européennes. Dans ces conditions, en raison du caractère évolutif que connaît le secteur du transport aérien depuis quelques années, il apparaît hasardeux de dresser une liste des compagnies désignées sous l'appellation « à bas coûts » et des lignes qu'elles exploitent. Dans cet environnement où la concurrence s'exprime chaque jour davantage, le financement par des fonds publics de compagnies aériennes est bien évidemment susceptible d'introduire des distorsions de concurrence à l'égard des compagnies ne bénéficiant pas d'un tel avantage. Au regard du droit communautaire, un tel financement constitue une aide d'Etat et, à ce titre, doit être notifié à la Commission européenne. Celle-ci, vigilante sur les questions liées aux aides directes et indirectes mais également sensible aux perspectives de développement économique et d'aménagement du territoire résultant de l'essor du transport aérien, a rendu publiques le 6 septembre 2005 ses lignes directrices sur « le financement des aéroports et les aides d'Etat au démarrage pour les compagnies aériennes au départ d'aéroports régionaux ». Ainsi, sans prohiber le principe de telles subventions, la Commission énonce des conditions liées notamment à la limitation de leur durée, à leur montant et à leur dégressivité. Elles concourront à la préservation des conditions d'une saine concurrence dans le secteur du transport aérien et s'appliqueront à toutes les compagnies quelles qu'elles soient. La Commission prévoit également le principe de la publicité systématique de chaque aide nouvelle, ce qui permettra de disposer d'une visibilité sur le montant global de l'ensemble des subventions octroyées par les personnes publiques gestionnaires d'aéroport.