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Extension des redevances aéronautiques à l'aviation sportive et de loisir

12e législature

Question écrite n° 18244 de M. Pierre Martin (Somme - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 23/06/2005 - page 1705

M. Pierre Martin appelle l'attention de M. le ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer sur les dispositions de l'article 120 de la loi de finances rectificative pour 2004 (loi n° 2004-1485) qui donne aux administrations publiques la possibilité de créer de nouvelles redevances pour assurer l'autonomie financière de leur fonctionnement. La direction générale de l'aviation civile compte pleinement utiliser cette disposition législative. Elle assimile pour ce faire aviation commerciale et aviation sportive et de loisir, compromettant ainsi dangereusement la pérennité de cette dernière. En effet, cette petite aviation, héritière de l'aviation populaire qui fait la fierté de la France et qui perdure aujourd'hui grâce à ses dizaines de milliers de pratiquants au sein des associations sportives que sont les aéro-clubs, n'est pas en mesure de supporter ces charges financières disproportionnées avec les moyens de ses structures associatives. Or les aéro-clubs, qui fonctionnent largement grâce au bénévolat, ont su préserver ce tissu aéronautique qui joue un rôle important auprès des jeunes en suscitant des vocations vers les métiers de l'aérien. C'est pourquoi il lui demande de ne pas étendre à l'aviation sportive et de loisir les redevances aéronautiques dont la mise en oeuvre a été pensée pour l'aviation commerciale.



Réponse du Ministère des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer

publiée dans le JO Sénat du 01/09/2005 - page 2272

La mise en place de nouvelles redevances applicables aux usagers de l'aviation générale, et en particulier de l'aviation légère et sportive, suscite de fortes inquiétudes au sein des fédérations d'adhérents, à une période où celles-ci subissent une érosion régulière de leurs effectifs et de leurs activités. Jusqu'à présent, l'encadrement et le contrôle technique des activités de ce secteur (délivrance des licences et des qualifications, délivrance de documents de navigabilité pour le matériel volant, organisation des examens...) sont financés sur le budget annexe de l'aviation civile par la taxe générale de l'aviation civile payée par tout passager aérien au départ d'un aéroport français. En particulier, les fédérations d'aviation légère et sportive ne sont soumises à aucune redevance, ce qui constitue une situation unique en Europe. La loi organique relative aux lois de finances (LOLF) qui entre en vigueur dès le 1er janvier 2006, et notamment son article 18, prévoit que les activités de prestation de services du budget annexe de l'aviation civile doivent être financées par la perception de redevances auprès des utilisateurs. Ce mode de financement apparaît plus juste, puisqu'il inscrit le principe de paiement d'un service rendu par l'usager concerné. Par conséquent, maintenir le système actuellement en vigueur, c'est-à-dire perpétuer la gratuité des services rendus, conduirait à exclure le financement de ces activités du budget annexe de l'aviation civile et à les reporter sur le budget général, ce qui aurait pour conséquence de voir les moyens qui y sont consacrés se réduire rapidement. Conscient de la richesse que constitue pour la France le tissu associatif de l'aviation légère et sportive, et dans le but de ne pas mettre en péril le développement de ce secteur, le Gouvernement a décidé de maintenir le financement de l'encadrement de l'aviation légère sur le budget annexe de l'aviation civile. Cette position demande d'accepter en contrepartie le principe du paiement de redevances. Pour autant, l'impact économique de cette réforme sur les acteurs concernés fait l'objet d'une étude très attentive, et il n'est pas question de voir les usagers financer la totalité des coûts associés. Une concertation approfondie a ainsi été entamée entre l'administration et les fédérations afin de définir, d'une part, le périmètre des prestations qui doivent donner lieu au paiement de redevances et qui seront en tout état de cause en nombre limité et, d'autre part, le niveau de ces redevances. Afin que cette concertation se déroule dans un climat serein et aboutisse à des propositions, le Gouvernement a d'ores et déjà décidé de suspendre la perception de cette redevance pour l'année 2006.