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Avenir de l'industrie aéronautique européenne et d'Airbus

12e législature

Question écrite n° 18569 de M. Jean-Marc Pastor (Tarn - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 07/07/2005 - page 1807

M. Jean-Marc Pastor attire l'attention de M. le ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer sur l'entreprise Airbus. Si le lancement de l'A 380 s'avère un succès, le nombre de commandes enregistré par l'A 350 (117), dont la commercialisation a démarré le 10 décembre 2004, est à mettre en perspective avec le succès du Boeing 787, qui permet à la firme américaine de compter sur 266 commandes, sans oublier un potentiel de 427 commandes supplémentaires. Les trois premières années de production sont déjà vendues et il apparaît que l'avance de l'avion d'outre-Atlantique est bien réelle. Pour la première fois depuis trois ans, Boeing semble avoir nettement pris l'ascendant sur Airbus. Dans ce contexte, les atermoiements d'EADS sur la répartition des postes entre les deux futurs coprésidents exécutifs ne favorise pas la synergie européenne attendue. Il lui demande donc quelle est la stratégie de l'Etat français vis-à-vis de l'industrie aéronautique européenne et quelle politique il envisage en la matière avec ses homologues de l'Union européenne.



Réponse du Ministère des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer

publiée dans le JO Sénat du 25/08/2005 - page 2206

Airbus s'est imposé en quelques années comme un avionneur de premier rang sur le marché mondial. Cette réussite est sans aucun doute l'un des symboles forts des capacités technologiques et industrielles de l'Europe lorsqu'elle sait unir ses forces et ses ambitions autour de projets fédérateurs. La France a toujours apporté un soutien constant et déterminé à son industrie aéronautique. Cet appui s'est traduit par un accompagnement financier des programmes de recherche et de développement grâce auquel les entreprises ont pu se maintenir au meilleur niveau technologique, mais également par la volonté de bâtir, à partir des capacités nationales et en renforçant les coopérations européennes, une industrie de taille suffisante pour lutter efficacement contre la concurrence. Le morcellement de l'industrie européenne représentait effectivement un handicap sévère face à des groupes puissants et bien structurés. C'est pourquoi les acteurs majeurs de ce secteur ont été invités à se rapprocher et à mettre en commun leur savoir-faire et leurs moyens industriels. C'est tout le sens de la création de la société EADS dont le socle est constitué des capacités française, allemande et espagnole. Ce groupe est devenu l'un des tout premiers opérateurs mondiaux de l'industrie aéronautique et de défense. La remarquable percée d'Airbus dont EADS contrôle 80 %, les 20 % restant étant la propriété du britannique BAE Systems, montre à l'évidence le bien-fondé de cette politique. D'autres programmes exemplaires, en particulier ceux d'Eurocopter, filiale d'EADS placée elle aussi au premier rang mondial, confortent de la même façon cette approche industrielle. Pour Airbus, au-delà de l'A 380, qui a fait son premier vol au mois d'avril dernier et effectué une présentation très remarquée au salon du Bourget, il s'agit de poursuivre l'effort de développement et de modernisation de sa gamme. Le programme A 350, dont la campagne de commercialisation a commencé au début de cette année rencontre un fort intérêt de la part des compagnies aériennes et l'avionneur devrait être en mesure d'annoncer son lancement industriel dans les tout prochains mois. Il faut également préparer dès aujourd'hui le remplacement des appareils de la génération A 320, qui constitue le marché de l'après 2010. Le gouvernement français entend continuer à apporter son soutien à son industrie aéronautique et spatiale pour les programmes futurs. Il fait pleinement confiance à la nouvelle équipe dirigeante d'Airbus qui vient d'être mise en place pour assurer dans les mêmes conditions de partenariat le développement futur d'Airbus.