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Famine au Niger

12e législature

Question écrite n° 18673 de Mme Monique Cerisier-ben Guiga (Français établis hors de France - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 14/07/2005 - page 1865

Mme Monique Cerisier-ben Guiga appelle l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la famine qui sévit au Niger. Depuis plusieurs semaines, et à cause de très mauvaises récoltes (très peu de pluies en 2004 et une invasion de criquets pèlerins dévastateurs), la famine s'installe dans le nord et l'est du Niger. Trois millions de Nigériens sont menacés et au moins 750 000 enfants risquent de mourir de malnutrition dans les mois à venir. Actuellement, plus de dix enfants meurent par semaine dans les centres d'urgence de Maradi. Le pays est mobilisé, et plusieurs organismes et ONG sont sur place et interviennent, surtout auprès des mères allaitantes et des nourrissons. Des bébés d'un an arrivent au centre MSF en ne pesant qu'un kilo. En partenariat avec l'UNICEF, des bénévoles, membres d'associations de femmes ou simples citoyennes, ont décidé d'intervenir dans des villages de la région de Maradi afin de créer des banques céréalières et d'apporter au moins 10 tonnes de mil, ce qui permet à chaque village de patienter jusqu'à la prochaine récolte. Pour aider à distribuer au mieux cette nourriture de base, des femmes créent des comités de gestion qui auront à veiller à ce que ce mil ne puisse pas être revendu à des commerçants à des fins de spéculation. Elle lui demande par quelles mesures la France compte seconder l'action déployée par les associations et les ONG et encourager un élan de solidarité et de générosité envers ce peuple du Niger si durement éprouvé.



Réponse du Ministère des affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 21/12/2006 - page 3158

La France est, avec l'Union européenne, le principal contributeur au dispositif nigérien de prévention et de gestion des crises alimentaires. Ce dispositif est, au travers de ses différents outils pertinents, à la fois un instrument de concertation entre l'Etat et les partenaires en matière de sécurité alimentaire, et le principal instrument de gestion coordonnée des crises alimentaires. De l'avis de l'ensemble des partenaires internationaux du Niger, ce dispositif est remarquable et exemplaire : il a su jouer son rôle de dispositif de réaction rapide dans l'attente de la mobilisation des aides internationales. Si l'ampleur exceptionnelle de la crise actuelle fait que ses capacités de réactions n'ont pas suffi à la circonscrire complètement, le dispositif n'a pas failli pour autant. Dans ce cadre, l'aide de la France, qui a commencé dès le début de la crise, c'est-à-dire à la fin de l'année 2004, comprend : appui à la lutte contre l'invasion acridienne : 2,5 millions d'euros ; aide alimentaire : 4,5 millions d'euros ; cantines scolaires (programme PAM) : 1 million d'euros ; aide humanitaire (vivres et médicaments) : 500 000 euros. De plus, la France a fortement contribué, à hauteur de 3 millions d'euros, au programme du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS) dont le Niger bénéficie des programmes. La France est ainsi le deuxième contributeur après l'Union européenne et le premier contributeur bilatéral au dispositif de gestion de la crise. Mais elle n'est pas le seul pays à se mobiliser pour venir en aide aux populations nigériennes sinistrées. Nombre de nos partenaires européens, les voisins maghrébins du Niger, certains pays du Golfe ainsi que des pays asiatiques, se mobilisent en effet, avec nous, pour que les conséquences dramatiques de la crise alimentaire aiguë que traverse le Niger puissent être endiguées, dans l'attente des prochaines récoltes.