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Conséquences des dispositifs anti-grêle

12e législature

Question écrite n° 18727 de M. Yvon Collin (Tarn-et-Garonne - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 14/07/2005 - page 1867

M. Yvon Collin attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la pêche sur les conséquences des dispositifs anti-grêle utilisés par les arboriculteurs. En effet, afin de repousser la grêle, les agriculteurs ont recours soit à des traitements aériens à base de sels hygroscopiques destinés à faire pleuvoir avant que la vapeur d'eau ne se transforme en glace, soit à des canons dont les ondes acoustiques sont censées empêcher la formation de grêlons. Ces méthodes divisent le monde agricole, les éleveurs y étant particulièrement opposés. D'autres filières craignent que la lutte anti-grêle aggrave la sécheresse. Connaissant la difficulté d'une expérimentation en grandeur réelle compte tenu des aléas de la climatologie, il serait toutefois souhaitable de disposer d'études scientifiques sur cette question. En conséquence, il lui demande ce qu'il envisage afin de connaître les répercussions de ces pratiques sur l'environnement.



Réponse du Ministère de l'agriculture et de la pêche

publiée dans le JO Sénat du 15/09/2005 - page 2350

Afin de réduire la taille des grêlons en formation, la technique d'ensemencement des nuages par un bombardement à base d'iodure d'argent ou de sels hygroscopiques (chlorure de sodium, de calcium et de potassium) est mise en oeuvre par certains agriculteurs. L'objectif recherché est de provoquer au sein des nuages le grossissement des gouttelettes d'eau et leur chute avant leur transformation en grêle due à des températures négatives à haute altitude. Cependant, les résultats de ces interventions sont sujets à controverse et ne dépasseraient pas une efficacité de 30 %. De plus, la communauté scientifique reconnaît que toute expérimentation en grandeur réelle est impossible à mener. Quant aux conséquences sur le climat, tant immédiates qu'à plus long terme, aucun élément objectif ne permet d'en vérifier la réalité. L'Etat n'est toutefois pas resté inerte face aux interrogations dont l'honorable parlementaire se fait l'écho. Un audit patrimonial permettant aux acteurs de dépasser les oppositions et de trouver des points de compromis a été commandé par la préfecture du département en mars 2004. La première phase de restitution, réalisée au cours de l'hiver dernier, révèle notamment la nécessité de mettre en place, entre les professionnels agricoles, une concertation propre à désamorcer le conflit.