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Inégalités entre praticiens des hôpitaux à temps complet et ceux à temps partiel

12e législature

Question écrite n° 18798 de Mme Marie-Thérèse Hermange (Paris - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 21/07/2005 - page 1941

Mme Marie-Thérèse Hermange souhaite attirer l'attention de M. le ministre de la santé et des solidarités sur les inégalités subies par les praticiens des hôpitaux exerçant à temps partiel. En dépit de l'instauration au cours du mois de juillet de l'année 1999 d'un concours unique, d'une liste d'aptitude identique pour l'ensemble des praticiens, et de la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 qui a permis une amélioration du statut des praticiens des hôpitaux exerçant à temps partiel, ceux-ci, pourtant soumis aux mêmes obligations de service, ne bénéficient toujours pas des mêmes droits au prorata de leur travail effectué : des rémunérations insuffisantes ; l'absence de prime d'exercice ; de moindres congés destinés à la formation continue ; une cotisation de retraite basée sur deux tiers de leurs rémunérations, et un refus de l'accès au secteur 2 de l'exercice libéral. En conséquence, elle lui demande donc s'il envisage de prendre prochainement les mesures qui permettraient aux praticiens exerçant à temps partiel de bénéficier réellement d'un statut identique à celui des praticiens exerçant à temps plein.



Réponse du Ministère de la santé et des solidarités

publiée dans le JO Sénat du 01/06/2006 - page 1546

L'harmonisation du statut des praticiens exerçant leur activité à temps partiel dans les établissements publics de santé avec le statut des praticiens hospitaliers à temps plein a été entamée en juillet 1999 avec l'instauration d'un concours unique de recrutement des praticiens des établissements publics de santé. Cette harmonisation statutaire s'est poursuivie dans le prolongement de la loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002 de modernisation sociale qui a mis fin à la possibilité de remettre en cause les fonctions des praticiens des hôpitaux à temps partiel au terme de chaque période quinquennale d'exercice et à supprimer la possibilité de prévoir pour les praticiens à temps partiel un régime de protection sociale différent de celui des praticiens à temps plein. Néanmoins, des différences de régime subsistent entre les statuts de praticiens hospitaliers temps plein et temps partiel, notamment concernant le montant des émoluments statutaires et l'assiette des rémunérations soumise à cotisation au régime de retraite complémentaire (IRCANTEC). Ces différences trouvent leur fondement légal dans les dispositions du 1° de l'article L. 6152-1 du code de la santé publique qui prévoit que le statut des médecins, pharmaciens et odontologistes des établissements publics de santé peut prévoir des dispositions spécifiques selon que ces praticiens consacrent tout ou partie de leur activité à ces établissements. Il convient de signaler qu'à la suite des recours formés devant la juridiction administrative par plusieurs praticiens exerçant leur activité à temps partiel visant à faire reconnaître l'illégalité de ces différences de régime statutaire et à obtenir de la part de l'Etat l'indemnisation du préjudice qui en est résulté plusieurs jugements rendus par les tribunaux administratifs (notamment le TA de Dijon, décision du 30 juin 2005) ont rejeté la requête au motif que ces différences statutaires avaient un fondement légal. Il n'en demeure pas moins que l'un des objectifs suivis dans le cadre de la réforme des statuts des praticiens des établissements publics de santé est d'harmoniser les statuts de praticiens hospitaliers temps plein et temps partiel. Cette orientation a d'ailleurs été inscrite dans les réflexions et actions à mener dans le cadre du relevé de décisions signé par les représentants des praticiens hospitaliers et le ministre chargé de la santé le 31 mars 2005 et a donné lieu à une concertation des organisations syndicales de praticiens hospitaliers en février-mars 2006.