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Pratique des représentations françaises à l'étranger

12e législature

Question écrite n° 18982 de M. Yves Pozzo di Borgo (Paris - UDI-UC)

publiée dans le JO Sénat du 04/08/2005 - page 2059

M. Yves Pozzo di Borgo attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur certaines pratiques de nos représentations à l'étranger. Il expose certaines ambiguïtés relatives aux personnalités destinatrices d'invitation à la réception du 14 juillet, cette année, à l'ambassade de France à Cuba. Alors que les Etats membres de l'Union européenne avaient décidé de ne pas inviter les officiels cubains et les dissidents aux réceptions inhérentes aux fêtes nationales desdits pays, l'ambassade de France à Cuba, elle, a invité les membres du gouvernement cubain à la réception du 14 juillet 2005 à La Havane. Il constate une différence de teneur entre les décisions des nations européennes considérant la position commune dégagée, l'entité européenne et une crédibilité à conserver. Il lui demande de bien vouloir lui indiquer les raisons d'une telle démarche et les mesures qu'il compte prendre pour éviter la répétition de telles dissonances.



Réponse du Ministère des affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 29/09/2005 - page 2459

Les Etats membres de l'Union européenne ont modifié depuis le début de cette année leur position vis-à-vis des autorités cubaines. Ayant observé que la politique consistant à refuser tout contact officiel avec elles n'avait pas entraîné de conséquences satisfaisantes, notamment en ce qui concerne le traitement de l'opposition, les membres de l'Union ont décidé d'une autre voie : parler à tous à Cuba, gouvernement comme opposition, et poursuivre nos efforts pour faire évoluer les autorités de ce pays dans le sens d'une plus grande ouverture. Les autorités françaises ont appliqué cette politique avec mesure, y compris à l'occasion de notre fête nationale, où ont été reçus les représentants de l'opposition, à la veille de la réception officielle à notre ambassade, pour avoir avec eux un échange approfondi, les informer de notre décision de ne plus fermer notre poste aux représentants de l'Etat cubain - dont dépend, en fin de compte, la libération des dissidents emprisonnés - et recueillir leurs commentaires. Cette formule a été appréciée et bien comprise par les personnes concernées. Notre pays entend poursuivre tous ses efforts avec ses partenaires européens, pour obtenir la libération des prisonniers politiques détenus à Cuba et le plein respect des droits de l'homme.