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Aide aux populations pauvres, notamment à Argenteuil

12 ème législature

Question écrite n° 19962 de Mme Alima Boumediene-Thiery (Paris - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 20/10/2005 - page 2694

Mme Alima Boumédiéne-Thiéry attire l'attention de M. le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire, sur la pauvreté qui ne cesse de croître dans notre pays. Partout en France, des familles entières se retrouvent totalement démunies, abandonnées. Mois après mois, puis année après année, elles s'enfoncent de façon inexorable dans la précarité et dans la pauvreté. Pour ces hommes, ces femmes et ces enfants, se loger, se soigner et se nourrir devient jour après jour de plus en plus difficile, puis impossible. Ainsi, des gens finissent par dormir dans des squats, sous les ponts, dehors. Ils finissent par ne plus se soigner. Finissent par se nourrir au gré de la bonne volonté d'autres citoyennes et citoyens. Ils en appellent à la charité en vendant des menus produits comme des petits pains ou des marrons ou en mendiant. Ils se rendent alors auprès d'associations d'assistance aux plus démunis, tels le Secours populaire, la Croix Rouge, les Restos du coeur... Et, pour les plus fragiles et les plus isolés d'entre eux, l'ultime recours se résume à mendier pour obtenir de quoi manger. Face à l'une des pires formes d'exclusion sociale, un certain nombre de maires de France ont opposé comme réponse l'interdiction de la mendicité dans leur ville. Recourir à cette forme d'action est indigne de notre République. Interdire la mendicité revient, non seulement à vouloir se mettre un bandeau sur les yeux face à l'extrême misère qui parcourt et frappe des franges de plus en plus importantes de notre pays, mais cela revient également à frapper d'une double exclusion celles et ceux qui n'ont plus rien ; d'une part, on les rend ainsi invisibles dans les rues de nos villes, on les soustrait au regard de la collectivité, on les enferme ainsi dans une forme de non-existence, on les dénue de tout identité. C'est un véritable déni d'identité. D'autre part, en bafouant ainsi leurs droits les plus fondamentaux, on les empêche de recourir à l'un des moyens de se nourrir les moins nuisibles socialement et on les pousse ainsi à se rabattre vers des moyens de survie plus dangereux : vols, prostitution, agressions, toxicomanie, voire suicides. La municipalité d'Argenteuil a pris en juillet de cette année deux arrêtés de police administrative interdisant la mendicité, partout à Argenteuil, mais également le simple fait de demeurer allonger ou assis de façon prolongée au marché Héloïse. A cette double interdiction a été rajoutée, de manière insultante, dans le texte des deux arrêtés, la notion de « gêne olfactive ». En conséquence, elle lui demande ce qu'il compte entreprendre pour que ce genre de décisions ne soient pas reproduites et pour venir en aide aux populations pauvres, en général et à celles d'Argenteuil, en particulier.



La question est caduque