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Rémunération des gardiens d'immeuble

13e législature

Question écrite n° 03278 de M. Jacques Siffre (Bouches-du-Rhône - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 07/02/2008 - page 221

M. Jacques Siffre attire l'attention de Mme la ministre du logement et de la ville sur le projet de modification des modalités de récupération de la rémunération des gardiens et des concierges auprès des locataires.

Actuellement, cette récupération n'est possible que lorsque le gardien ou le concierge effectue seul l'entretien des parties communes et l'élimination des déchets. Or, dans le cadre des discussions de la Commission nationale de concertation, il est proposé de récupérer auprès des locataires une partie du salaire du gardien qui n'effectuerait aucune de ces tâches et ne procéderait qu'à la surveillance de l'immeuble, ce qui revient à augmenter les charges locatives. Cette proposition a été unanimement rejetée par les associations de locataires siégeant à la CNC car cela remet en cause la définition même du loyer. En effet, le loyer n'est pas un simple amortissement financier du bien loué mais constitue la contrepartie d'obligations réciproques entre les parties. Or, parmi les obligations du bailleur, figure celle d'assurer la jouissance paisible par le locataire de son logement. Instaurer cette nouvelle récupération d'une part de salaire déjà couverte par le loyer reviendrait à la facturer deux fois aux locataires. Alors que le pouvoir d'achat des Français a largement été affaibli par les augmentations de loyers, il est particulièrement inacceptable que l'on puisse envisager d'augmenter encore plus les charges des locataires.

Il lui demande donc de lui indiquer si elle entend s'opposer à cette proposition contraire aux priorités affichées en termes de pouvoir d'achat.



Réponse du Ministère du logement et de la ville

publiée dans le JO Sénat du 20/03/2008 - page 574

Le régime des charges locatives repose sur une recherche d'équilibre entre bailleurs et locataires. Ces charges sont récupérables par le bailleur, sur justification, en contrepartie des services rendus liés à l'usage de la chose louée, des dépenses d'entretien courant et des menues réparations sur les éléments communs de la chose louée ainsi que des impositions correspondant à des services dont le locataire profite directement. S'agissant des gardiens et concierges, leur activité, qui a longtemps consisté en l'entretien des parties communes et l'élimination des rejets, a fortement évolué ces dernières années du fait des nouvelles attentes des locataires, notamment en ce qui concerne l'état des lieux, la sécurité, la présence et le dialogue avec les locataires. Il apparaît justifié de revoir les modalités de récupération des charges afin d'assurer une juste rémunération des nouvelles tâches effectuées par les gardiens et concierges et ainsi accompagner et consolider ces évolutions. C'est pourquoi, en septembre, le ministre du logement et de la ville a souhaité qu'une concertation relative aux frais de gardiennage soit ouverte au sein de la Commission nationale de concertation (CNC) pour adapter le dispositif actuel de récupération des charges. Les travaux menés par la Commission ont permis de dégager une approche partagée sur la nécessité de retenir un système simple et transparent, notamment en ce qui concerne l'assiette et les modalités de calcul de la répartition des charges. Les travaux de la CNC pourront être mis à profit pour élaborer un dispositif tenant compte de la réalité des missions de gardiennage et de la nécessité d'assurer un équilibre entre bailleurs et locataires.