Allez au contenu, Allez à la navigation

Modification des modalités de récupération de la rémunération des gardiens d'immeuble

13e législature

Question écrite n° 03398 de M. René-Pierre Signé (Nièvre - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 14/02/2008 - page 278

M. René-Pierre Signé attire l'attention de Mme la ministre du logement et de la ville sur le projet de modification des modalités de récupération des gardiens d'immeuble qui inquiète les associations de locataires.

A l'heure actuelle, la récupération n'est possible que si le salarié effectue seul l'entretien des parties communes et l'élimination des déchets. Or, dans le cadre des discussions de la Commission nationale de concertation, il est proposé de récupérer auprès des locataires une partie du salaire du gardien qui n'effectuerait aucune de ces tâches et ne procèderait qu'à la surveillance de l'immeuble.

L'instauration d'une telle franchise est considérée comme inacceptable par les associations de locataires siégeant à la CNC car elle remet en cause la définition même de loyer. En effet, pour ces associations, le loyer n'est pas un simple amortissement financier du bien loué mais constitue la contrepartie d'obligations réciproques entre les parties, notamment l'obligation pour le bailleur d'assurer la jouissance paisible de son locataire.

Instaurer la récupération d'une part de salaire déjà couverte par le loyer reviendrait à facturer deux fois cette somme aux locataires, ce qui est pour le moins injuste.

Compte tenu que les loyers pèsent lourdement sur le budget des ménages, il lui demande s'il serait envisageable de prendre en compte les préoccupations des locataires et de s'en tenir aux modalités de récupération prévues dans le décret du 26 août 1987.



Réponse du Ministère du logement et de la ville

publiée dans le JO Sénat du 20/03/2008 - page 574

Le régime des charges locatives repose sur une recherche d'équilibre entre bailleurs et locataires. Ces charges sont récupérables par le bailleur, sur justification, en contrepartie des services rendus liés à l'usage de la chose louée, des dépenses d'entretien courant et des menues réparations sur les éléments communs de la chose louée ainsi que des impositions correspondant à des services dont le locataire profite directement. S'agissant des gardiens et concierges, leur activité, qui a longtemps consisté en l'entretien des parties communes et l'élimination des rejets, a fortement évolué ces dernières années du fait des nouvelles attentes des locataires, notamment en ce qui concerne l'état des lieux, la sécurité, la présence et le dialogue avec les locataires. Il apparaît justifié de revoir les modalités de récupération des charges afin d'assurer une juste rémunération des nouvelles tâches effectuées par les gardiens et concierges et ainsi accompagner et consolider ces évolutions. C'est pourquoi, en septembre, le ministre du logement et de la ville a souhaité qu'une concertation relative aux frais de gardiennage soit ouverte au sein de la Commission nationale de concertation (CNC) pour adapter le dispositif actuel de récupération des charges. Les travaux menés par la Commission ont permis de dégager une approche partagée sur la nécessité de retenir un système simple et transparent, notamment en ce qui concerne l'assiette et les modalités de calcul de la répartition des charges. Les travaux de la CNC pourront être mis à profit pour élaborer un dispositif tenant compte de la réalité des missions de gardiennage et de la nécessité d'assurer un équilibre entre bailleurs et locataires.