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Obligation de recours aux architectes

13e législature

Question écrite n° 03650 de M. Gérard César (Gironde - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 06/03/2008 - page 423

M. Gérard César attire l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur les inquiétudes des professionnels du bâtiment.

Le gouvernement souhaite abaisser le seuil de 170 m2 au-delà duquel un recours à un architecte est obligatoire.

Cette mesure, si elle est appliquée, va obligatoirement augmenter le coût des constructions et pénaliser, ainsi, un grand nombre de ménages aux revenus modestes ou moyens. Elle serait, également préjudiciable aux petites et moyennes entreprises du secteur du bâtiment et mettrait ainsi en péril un milieu économique fortement employeur de main d'œuvre.

Outre des conséquences économiques et sociales négatives, cette mesure serait en totale contradiction avec la volonté du Président de la République de favoriser l'accession à la propriété du plus grand nombre.



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 03/07/2008 - page 1341

Le ministère de la culture et de la communication, en charge de l'architecture, a pour objectif, aux côtés du ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire (MEEDDAT), d'améliorer la qualité du cadre de vie et de répondre aux critères du développement et de l'aménagement durables des territoires. Dans ce contexte, la question du seuil d'intervention de l'architecte ne peut être considérée isolément, du seul point de vue de l'organisation du marché des constructeurs de maisons individuelles, mais doit être replacée dans une perspective plus large de préservation des espaces et de lutte contre l'étalement urbain. La ministre de la culture et de la communication souhaite inscrire son action dans un ensemble de réformes visant à renforcer les critères qualitatifs de toute la chaîne de l'urbanisme et de la construction, mais aussi à permettre le recours pour chaque citoyen aux professionnels compétents. En effet, on constate que la prolifération de maisons individuelles sans réflexion architecturale contribue à l'étalement urbain. Les habitants de maisons individuelles sont maintenant confrontés aux augmentations du prix de l'énergie et des transports. Cette forme d'habitat s'avère très coûteuse en voirie, en réseaux et en énergie et il faut réfléchir à la meilleure conciliation avec les principes du développement durable. Les différentes lois sur l'urbanisme et le logement, ainsi que la réforme du permis de construire, tendent à mieux prendre en compte ces questions. Une des réponses aux défis évoqués lors du « Grenelle de l'environnement » consiste à apporter de nouvelles solutions de conception architecturale pour éviter l'étalement urbain et à intégrer les nouveaux dispositifs techniques et énergétiques dans les projets de construction, tout en assurant leur bonne insertion dans l'environnement naturel et urbain. Les savoir-faire innovants et les retours d'expérience sur des architectures bioclimatiques et solaires réalisées dans plusieurs États membres de l'Union européenne sont souvent disponibles chez les architectes, dont l'expertise doit pouvoir être mieux mobilisée. Dans ce contexte, plutôt qu'une étude d'impact partielle et limitée, la ministre de la culture et de la communication propose que ses services lancent avant l'été 2008, avec le MEEDDAT et le ministère en charge du logement, une mission conjointe pour organiser une large consultation de l'ensemble des professionnels, des organismes constructeurs et des représentants des particuliers, afin de formuler des propositions concrètes et réalistes conciliant le souci de qualité architecturale et environnementale et un coût maîtrisé de la construction.