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Très vives inquiétudes à l'Office national d'études et de recherches aérospatiales

13e législature

Question écrite n° 03667 de Mme Christiane Demontès (Rhône - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 06/03/2008 - page 426

Mme Christiane Demontès attire l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur les très vives inquiétudes qui se font jour à l'Office National d'Etudes et de Recherches Aérospatiales. L'ONERA est le premier organisme de recherche reconnu dans le domaine aérospatial. Il possède le premier parc européen de soufflerie. Il travaille dans des secteurs aussi divers que l'industrie aérospatiale, l'industrie aéronautique, la micro combustion...Depuis 1946, date de sa création, cet office a été l'un des acteurs essentiels de la plupart des grandes réussites de nos industries de pointe. Reste que cette année l'ONERA doit faire face à une réduction d'effectifs. Cette mesure apparaît d'autant plus incompréhensible qu'elle affaiblit le potentiel aérospatial de notre pays. Elle s'inscrit donc en parfaite opposition avec la réalité économique qui nécessite d'amplifier l'effort de recherche, et notamment celle du secteur aéronautique et spatial. En outre, elle se révèle infondée puisqu'elle considère le personnel de l'Office comme des fonctionnaires, alors qu'ils n'en n'ont pas le statut. Enfin, elle porte atteinte à la signification et au respect du Contrat d'Objectifs et de Moyens qui lie l'État à l'Office.
A l'heure où les négociations vont se dérouler pour définir le futur Contrat d'Objectifs et de Moyens, et compte tenu du fait que l'ONERA assure plus de 60% de son financement par des contrats, elle lui demande quelles mesures elle compte rapidement prendre afin de garantir et de pérenniser le devenir du secteur stratégique de première importance qu'est la recherche aérospatiale française.

Transmise au Ministère de la défense



Réponse du Ministère de la défense

publiée dans le JO Sénat du 19/06/2008 - page 1209

Le ministère de la défense, qui exerce une tutelle statutaire sur l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA), a mis en place avec cet établissement public un contrat d'objectifs et de moyens (COM) pour la période 2004-2008. Ce contrat, qui a renouvelé l'ambition du ministère de la défense pour l'ONERA, a notamment mis l'accent sur les points forts de l'Office : excellence scientifique, ouverture à l'extérieur, importance de l'innovation et de la détection des ruptures technologiques. La capacité de l'ONERA à effectuer des recherches pluridisciplinaires, sa maîtrise des systèmes, sa capacité d'expertise pour les besoins propres de la délégation générale pour l'armement (DGA) et son ambition européenne sont autant d'atouts reconnus dont dispose l'Office. Le ministère de la défense a accompagné la signature du contrat d'objectifs et de moyens 2004-2008 par une augmentation importante des subventions de fonctionnement et d'investissement. Après une augmentation de 11 % à la signature du contrat d'objectifs et de moyens, le principe d'actualisation prévu dans le contrat a été respecté par la DGA, qui assure la tutelle de l'ONERA, avec une augmentation moyenne sur la période 2004-2008 de 1,5 par an. La DGA finance environ 60 % du budget de fonctionnement de l' ONERA, soit 40 % en subvention et 20 % au titre de contrats d'étude, recherche et expertise. Elle finance par ailleurs, sur subvention, environ 90 % du budget d'investissement de l'Office. L'ONERA est ainsi le premier bénéficiaire de crédits de recherche et technologie (R&T) de défense, avec 20 % de l'enveloppe ministérielle consacrée à la R&T. L'entrée en vigueur, le 1er janvier 2006, de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) a conduit à identifier des mises en réserve sur les dotations budgétaires, y compris pour les opérateurs de l'État, en conformité avec les directives émanant du ministère chargé du budget. Le taux de mise en réserve appliqué à l'ONERA a toutefois été minoré afin de prendre en compte la part importante du budget consacré aux dépenses de personnel. Jusqu'à présent, ces réserves n'ont jamais fait l'objet d'annulations et les crédits correspondants ont été intégralement versés à l'ONERA. À l'occasion de l'examen du projet de budget 2008, le conseil d'administration de l'Office a débattu du devenir d'un certain nombre de postes représentant 20 équivalents temps plein, soit environ 1 % des effectifs. En effet, le ministère de la défense, conformément aux directives gouvernementales générales concernant le non-remplacement de 50 % des personnels partant à la retraite, a considéré que l'ONERA, majoritairement financé par la défense, devait contribuer à cet objectif. Il l'a cependant minoré à 40 % pour prendre en compte la part de financement extérieur. Le ministère de la défense a entendu les arguments présentés par l'ONERA relatifs à l'accroissement de son carnet de commandes et à son plan de charge. Comme prévu lors du conseil d'administration de l'ONERA, des compléments d'information doivent être produits au premier semestre 2008. Le contexte actuel est par ailleurs particulièrement favorable à l'ONERA dans le cadre de ses activités civiles et duales. Ainsi, lors de son discours prononcé à Marignane le 11 octobre 2007 sur l'ambition de la France pour la filière aéronautique, le Premier ministre a confirmé l'importance de la recherche dans ce secteur, dont 1ONERA est un acteur majeur et reconnu. De plus, les compétences de l'ONERA le positionnent très favorablement pour bénéficier de l'initiative européenne « Clean Sky », portée par les industriels du secteur et appuyée par la France, visant à orienter le développement de l'aéronautique vers de moindres nuisances environnementales (bruit, consommation de carburant, émissions de dioxyde de carbone...). Enfin, l'Office s'est bien intégré dans les initiatives prises par le ministère chargé de la recherche : labellisation 2007 comme membre du réseau des instituts Carnot, qui fait partie des grandes organisations de recherche technologique et qui collabore avec ses homologues européens et mondiaux, et dont l'objectif est de favoriser la recherche partenariale, notamment avec les entreprises ; obtention du mécanisme incitatif du crédit d'impôt recherche à destination des entreprises, comme opérateur public de recherche.