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Crise arboricole

13e législature

Question écrite n° 03780 de Mme Évelyne Didier (Meurthe-et-Moselle - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 20/03/2008 - page 517

Mme Évelyne Didier attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la pêche sur les conséquences de la crise arboricole pour les exploitations fruitières de Lorraine. En effet, les distorsions de concurrence avec les autres pays s'ajoutant aux aléas climatiques augmentent le risque de disparition de cette filière. Déjà, les prix en 2007 ont baissé de 20% par rapport à 2006 ; quant à la parité euro/dollar, elle aggrave fortement la baisse pour le marché export. Aussi, les producteurs de fruits souhaitent, d'une part, la mise en place d'une aide dans le cadre du fonds d'allégement des charges (FAC) et, d'autre part, la maîtrise des charges, en particulier celles liées à l'emploi, de la part des pouvoirs publics. Dans un marché où seule la logique du prix compte, les productions françaises n'ont malheureusement aucune chance. C'est pourquoi, elle lui demande également dans quelle mesure, il serait possible pour les vergers lorrains (dont la production est à 80% industrielle) de pouvoir bénéficier d'une aide directe type « droit à paiement unique » qui a été mise en place pour les vergers à production industrielle.



Réponse du Ministère de l'agriculture et de la pêche

publiée dans le JO Sénat du 01/05/2008 - page 870

L'organisation commune du marché (OCM) des fruits et légumes, engagée depuis janvier 2007 dans un processus de réforme approfondie, vient d'aboutir avec l'entrée en vigueur au 1er janvier 2008 de la nouvelle réglementation. Dans le cadre de cette réforme, seules les surfaces consacrées à la production de fruits destinés à la transformation anciennement couverts par l'OCM des produits transformés à base de fruits et légumes (règlement [CE] 2201/96 : prunes pour pruneaux, pêches et poires) pourront bénéficier jusqu'en 2012 d'une aide couplée à l'hectare, financée grâce à l'enveloppe historique dont bénéficiaient ces secteurs. Concernant les modalités nationales d'intégration des autres vergers d'industrie dans le régime de paiement unique, le ministère chargé de l'agriculture et de la pêche a suivi l'avis du Conseil spécialisé fruits et légumes de Viniflhor réuni le 25 septembre 2007, qu'il a ensuite proposé au Conseil supérieur d'orientation et de coordination de l'économie agricole et alimentaire, réuni le 16 octobre 2007, qui les a validées. Pour les autres productions, l'examen d'une éventuelle attribution de montants de référence est reporté à des débats ultérieurs, qui tiendront compte des conclusions du bilan de santé de la PAC. Au-delà de ce sujet, les difficultés que rencontrent certains arboriculteurs sont réelles. Trois contraintes structurelles freinent la valorisation des fruits français à un niveau rémunérateur pour les producteurs : un handicap de compétitivité prix dû notamment à la question des coûts de la main-d'oeuvre ; un dialogue filière trop souvent insuffisant ; une baisse de la consommation due à l'image de cherté, de manque de praticité et de qualité gustative non garantie des fruits et légumes. C'est pour faire face à ces contraintes que le ministère en charge de l'agriculture a mis en oeuvre la stratégie nationale pour le développement de l'arboriculture, élaborée par la profession et le ministère en 2006. Elle comporte, au-delà de mesures conjoncturelles, un important volet structurel : un volet gestion des marchés avec relance de la consommation en période de crise et de façon générale une politique de promotion visant à faire reconnaître la spécificité et la qualité des productions nationales ; un volet renforcement et dynamisation de l'interprofession ; un volet restructuration des vergers ; un volet accessibilité aux fruits et légumes. Par ailleurs, la nouvelle OCM fruits et légumes ouvre de nouvelles opportunités à saisir pour la filière arboricole. Elle permet de renforcer l'organisation économique du secteur en cofinançant les projets d'entreprises des organisations de producteurs visant à améliorer la commercialisation de leurs produits, moderniser les outils de production ou à faire évoluer les pratiques culturales. Des moyens financiers supplémentaires ainsi que de nouveaux moyens juridiques ont été obtenus, notamment au regard du droit de la concurrence. La nouvelle OCM est notamment dotée d'un dispositif ambitieux de prévention et de gestion des crises. Ces nouveaux outils et moyens doivent être mobilisés pour permettre d'aboutir à des situations de marché stabilisées. Dans ce contexte, il faut avant tout favoriser une approche fondée sur l'organisation économique. La concertation interprofessionnelle ainsi que l'organisation de la première mise en marché, basée sur une relation de confiance entre les différents maillons d'une filière, doivent être renforcées. La rénovation de l'organisation des filières fruits et légumes engagée en septembre 2007 doit les favoriser.