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Réformes en cours dans l'enseignement primaire

13e législature

Question écrite n° 04373 de Mme Jacqueline Alquier (Tarn - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 08/05/2008 - page 904

Mme Jacqueline Alquier attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les conséquences des réformes en cours dans l'enseignement primaire sur la réussite des élèves.

L'abandon de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans, la suppression de la classe les samedis matins, diminuent le nombre d'heures d'apprentissage, justement indispensables aux élèves les plus fragiles. Les remplacer par des jours et des heures de classe spécifiques pour ces élèves, c'est les stigmatiser un peu plus, alors qu'il existe déjà un réseau d'aide spécialisé intervenant dans le temps scolaire dont les moyens devraient être renforcés.
Les économies faites en augmentant les heures supplémentaires des enseignants et les effectifs dans les classes et en n'assurant plus les remplacements nécessaires des maîtres, sont autant de décisions préjudiciables aux élèves.
Il paraît pour le moins surprenant d'apprendre qu'elles interviennent en même temps que celle d'allouer des moyens supplémentaires à l'enseignement privé pour qu'il s'installe dans les quartiers sensibles que l'école publique défend seule depuis tant d'années.

C'est pourquoi, elle lui demande de surseoir à ces projets et de mettre en place avec l'ensemble de la communauté éducative, des parents d'élèves, une véritable réflexion sur les moyens d'assurer la réussite scolaire de tous les élèves.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale

publiée dans le JO Sénat du 11/09/2008 - page 1830

La lutte contre l'échec scolaire et sa prévention sont les préoccupations premières du ministère de l'éducation nationale, qui réaffirme avec force la nécessité de recentrer l'action de l'école primaire sur les apprentissages fondamentaux. C'est pourquoi le ministre de l'éducation nationale a présenté de nouveaux programmes de l'école primaire qui doit rester garante de l'idéal républicain : permettre à chaque enfant de devenir par l'instruction un citoyen libre et éclairé. Les programmes, plus clairs et plus précis, marquent plusieurs changements : des objectifs recentrés sur les fondamentaux ; des progressions annuelles pour guider les enseignants ; des compétences précises à atteindre à la fin de chaque cycle. Ces programmes ont été soumis à consultation des enseignants, les résultats de cette consultation ont été rendus publics. Les deux assemblées par le biais de leurs commissions compétentes ont également été consultées. À l'issue de cet ensemble de consultations qui a permis l'expression de la profession enseignante et de la population, des remarques ont été prises en compte et des modifications apportées. Le Haut Conseil de l'éducation les a approuvés à l'unanimité. Afin d'améliorer les résultats scolaires des élèves, le ministère de l'éducation nationale veut redonner aux maîtres toute leur responsabilité pédagogique dans le cadre des programmes. Il faut aujourd'hui dépasser le débat sur les méthodes pour faire entrer le service public d'éducation dans une logique de résultat. C'est le sens des mesures annoncées pour redéfinir un nouvel horizon pour l'école. Afin d'aider les maîtres, des protocoles nationaux d'évaluation bilan, en français et en mathématiques, en CE1 et en CM2, permettront de déterminer les acquis de chaque élève, les résultats en seront communiqués aux familles. Après la décision de la suppression des cours le samedi matin, une aide personnalisée pourra être, dès la rentrée, apportée aux élèves qui rencontrent des difficultés dans leurs apprentissages : deux heures par semaine pourront y être consacrées. Le cas échéant, des stages de remise à niveau entre la fin du CM1 et l'entrée en 6e pourront être organisés pendant les vacances par des enseignants volontaires. L'école maternelle doit jouer son rôle dans la réussite scolaire avec un programme qui respecte mieux sa spécificité en matière pédagogique : les programmes nouveaux mettent l'accent sur l'apprentissage de la langue française. Enfin, l'accompagnement éducatif sera progressivement généralisé pour constituer une offre complémentaire hors du temps d'enseignement proprement dit.