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Évolution des activités de La Banque Postale

13e législature

Question écrite n° 04393 de M. Yves Détraigne (Marne - UC-UDF)

publiée dans le JO Sénat du 15/05/2008 - page 941

M. Yves Détraigne attire l'attention de M. le secrétaire d'État chargé du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services sur les projets d'évolution de La Banque Postale qui souhaiterait développer une offre en assurance dommage.

La Banque Postale semble, en effet, décidée à solliciter de la part du Gouvernement l'autorisation de développer sa propre offre en la matière alors que sur un marché déjà fortement concurrentiel coexistent les sociétés d'assurances, les mutuelles, les banques, la grande distribution, la vente par Internet et même certains constructeurs automobiles…

La couverture des risques devant être considérée comme une vraie démarche professionnelle, il y a lieu, en outre, de s'interroger sur l'opportunité de mettre en place un nouveau réseau non professionnel, dans un métier de plus en plus complexe, technique et nécessitant une véritable expertise.

Considérant enfin que l'émergence d'un nouvel acteur risque de déstabiliser le tissu économique local et notamment les agents généraux qui sont autant de petites entreprises et qui ne disposent pas des mêmes moyens que La Banque Postale, il lui demande donc de bien vouloir lui préciser quelle est la position du Gouvernement en la matière.

Transmise au Ministère de l'économie, de l'industrie et de l'emploi



Réponse du Ministère de l'économie, de l'industrie et de l'emploi

publiée dans le JO Sénat du 25/09/2008 - page 1939

En plaçant par la loi du 20 mai 2005 les services financiers de La Poste dans un cadre de droit commun, le législateur a souhaité permettre à La Banque Postale de devenir, le moment venu, une banque de plein exercice. L'État a, dans ce cadre, été particulièrement attentif à ce que l'ensemble des règles communautaires et nationales soient scrupuleusement respectées. Afin de s'assurer de l'absence totale de distorsion de concurrence, les conditions de création et de fonctionnement de La Banque Postale ont ainsi été soumises à la Commission européenne, qui après une analyse minutieuse de plusieurs mois a validé l'ensemble des éléments du projet. Par ailleurs, conformément aux dispositions de la loi du 20 mai 2005, la Cour des comptes a remis au Parlement, début 2008, un rapport sur la création et les deux premières années de fonctionnement de La Banque Postale, qui confirme que tant la création que les modalités de fonctionnement de La Banque Postale respectent l'ensemble des conditions et des règles existantes, notamment en matière de droit de la concurrence. La Cour des comptes indique ainsi que La Banque Postale - comme c'est d'ailleurs le cas des autres activités de La Poste - ne bénéficie d'aucune aide, ni directe ni indirecte, ni de La Poste ni de l'État. De la même manière, le Gouvernement a tenu à ce que La Banque Postale soit soumise au plan national aux mêmes règles prudentielles que l'ensemble des autres acteurs du secteur financier français. C'est ainsi que la création de La Banque Postale a été subordonnée à l'obtention de l'agrément de droit commun du comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement. C'est donc dans ce cadre respectueux, tant des contraintes communautaires que nationales, que La Banque Postale a été autorisée, dès le 1er janvier 2006, à distribuer des crédits immobiliers sans épargne préalable. C'est dans ce cadre également que le ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi a autorisé en novembre 2007 La Banque Postale à élargir sa gamme de produits aux crédits à la consommation, en partenariat avec un professionnel du secteur, et ce sous réserve bien entendu qu'elle obtienne, avec le partenaire retenu, l'agrément du comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement. L'élargissement de la gamme de La Banque Postale à l'assurance dommages s'inscrit dans cette même logique. D'une part, l'extension de gamme sera bien évidemment soumise, dans les conditions de droit commun, à la procédure d'agrément du comité des entreprises d'assurance, après consultation de l'autorité de contrôle des assurances et des mutuelles. D'autre part, afin d'être en mesure d'offrir à ses clients les meilleurs produits, cette activité sera lancée en partenariat avec un professionnel du secteur, dans le cadre d'une co-entreprise qui devrait commercialiser ses premières assurances début 2010, délai nécessaire pour la conception et la mise en marché des produits. Cette approche permettra d'atteindre rapidement un haut degré d'expertise et de professionnalisme, au bénéfice d'une plus grande concurrence et donc au bénéfice des consommateurs.