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Gratification des stagiaires en préparation des diplômes de travail social

13e législature

Question écrite n° 04567 de M. Gérard Miquel (Lot - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 29/05/2008 - page 1043

M. Gérard Miquel attire l'attention de M. le ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité sur certaines conséquences de l'application de la circulaire DGAS/4A/5B/2008/67 du 27 février 2008 relative à la gratification des stagiaires, dans le cadre des formations préparant aux diplômes de travail social.
Cette circulaire crée une obligation de gratification des stagiaires - qui ne saurait être remise en cause - à la charge des établissements ou des services sociaux et médico-sociaux gérés par des associations. Cependant, il apparaît que cette obligation n'est assortie d'aucun moyen financier clairement identifié dans le budget de l'État.
Il en résulte que les employeurs potentiels ne recevant pas les garanties nécessaires de leurs financeurs quant à la prise en compte de cette nouvelle charge, renoncent à prendre en stage ces étudiants.
Il ne saurait être question de faire peser sur les régions et les départements le financement de cette nouvelle charge, sans concertation et sans transfert des moyens correspondants.
C'est pourquoi il lui demande quelles mesures il envisage pour remédier à cette situation.



Réponse du Ministère du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité

publiée dans le JO Sénat du 30/10/2008 - page 2194

L'attention de M. le ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité a été appelée sur l'application de la réglementation sur les stages étudiants issue de la loi du 31 mars 2006 sur l'égalité des chances et le décret du 31 janvier 2008, complété par la circulaire prise le 27 février 2008 par la direction générale de l'action sociale. En prenant le décret d'application de la loi pour l'égalité des chances fixant le montant minimal et les modalités de versement de la gratification de stage, le Gouvernement a entendu permettre à la loi de s'appliquer enfin sur ce point. Ce faisant, le Gouvernement a eu le souci d'adopter une position équilibrée pour ne pas décourager l'offre de stage, en fixant le montant de gratification minimale obligatoire au même niveau que la franchise de charges sociales dont bénéficient les organismes d'accueil de stagiaires. L'application des règles sur les stages à l'ensemble des structures privées et associatives permet de placer les stagiaires sur un pied d'égalité et il est logique qu'à terme une gratification soit également prévue pour les stagiaires accueillis dans la sphère publique, même si celle-ci ne relevait pas du champ d'application de la loi pour l'égalité des chances et donc de son décret d'application. L'application de la gratification obligatoire des stages étudiants des formations initiales en travail social met effectivement une dépense nouvelle à la charge des établissements et services d'accueil, la plupart du temps financés sur fonds publics. Soucieux d'un fonctionnement harmonieux de l'appareil de formation, l'État a veillé à en neutraliser l'impact sur les opérateurs qu'il finance par ses crédits budgétaires et ceux de l'assurance maladie. Le ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité a donné des instructions très claires en ce sens aux services déconcentrés dès le mois de février 2008, précisées par une circulaire du 21 avril 2008. Certains conseils généraux ont pris, de leur propre initiative, des dispositions qui assurent aux structures qu'ils financent qu'elles ne seront pas empêchées de prendre un étudiant en stage pour des raisons financières. Dans le respect de l'autonomie des collectivités territoriales auquel il est attaché, le ministre a également demandé au président de l'Assemblée des départements de France de bien vouloir sensibiliser les présidents de conseils généraux à l'intérêt d'une approche pragmatique et facilitatrice. Par ailleurs, la caisse nationale des allocations familiales a demandé aux caisses d'allocations familiales, par circulaire du 16 juillet dernier, de prendre en compte le coût de la justification obligatoire des stages longs dans les subventions de fonctionnement qu'elles accordent. Les principaux financeurs des structures d'accueil de stagiaires des formations sociales conjuguent ainsi leurs engagements pour permettre au mieux la mise en oeuvre de la gratification de stage, dont les modalités seront évaluées avec l'ensemble des acteurs concernés.