Allez au contenu, Allez à la navigation

Création du fichier EDVIGE

13e législature

Question écrite n° 05515 de M. Bernard Fournier (Loire - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 11/09/2008 - page 1806

M. Bernard Fournier attire l'attention de Mme la ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales sur le décret n° 2008-632 du 27 juin 2008 portant création d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé "EDVIGE". Cette nouvelle base de données, qui concerne « des personnes physiques âgées de treize ans et plus », permet de collecter toute une série d'informations « relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public ». Le fichage des mineurs dès treize ans appelle nécessairement l'adoption de garanties renforcées. Par conséquent, ce fichage doit obligatoirement « être encadré de façon à lui conserver un caractère exceptionnel et une durée de conservation spécifique », comme l'exprime la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). D'autres catégories de personnes sont également concernées par ce fichage, et notamment les élus locaux, anciens élus ou candidats à un mandat. Il est essentiel, avec de tels renseignements, de demeurer dans le domaine de l'ordre public et de ne pas basculer dans celui du renseignement politique. Ainsi, même si actuellement on assiste à une recrudescence de la délinquance juvénile et que les enjeux modernes de sécurité se complexifient, il est primordial d'apporter des garanties contre les dérives possibles liées à la création et à l'utilisation d'un tel outil de compilation d'informations. En conséquence, il lui demande de bien vouloir lui préciser les intentions du Gouvernement en la matière.



Réponse du Ministère de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales

publiée dans le JO Sénat du 26/02/2009 - page 512

La réforme du renseignement mise en oeuvre par le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales a conduit à la création, le 1er juillet, de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et à la disparition de la direction de la surveillance du territoire (DST) et de la direction centrale des renseignements généraux (DCRG). L'une des missions qu'exerçait la DCRG, la mission d'information générale, incombe désormais à la sécurité publique (et à Paris à la préfecture de police). Afin de permettre à la sécurité publique d'assurer sa nouvelle mission et donc de reprendre l'usage du fichier précédemment géré par la DCRG (amputé de ce qui concerne le renseignement intérieur, transféré à la DCRI, et les courses et jeux, transférés à la police judiciaire), il a été nécessaire d'instituer un nouveau cadre juridique, par un décret du 27 juin 2008. Ce fichier appelé Edvige constituait donc purement et simplement une reprise partielle du fichier des renseignements généraux créé par décret du 14 octobre 1991, intégrant les modifications apportées par une directive de 1995 et une loi de 2004. Son texte, soumis au conseil d'État, prenait en compte des demandes de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Il a pourtant suscité des inquiétudes et des malentendus. Afin d'y apporter des réponses, le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales a ouvert une vaste consultation puis décidé de présenter un nouveau décret. Il convient à cet égard de souligner qu'eu égard notamment à la décision du ministre de retirer le décret portant création d'Edvige, le conseil d'État, saisi en référé, a rejeté le 29 octobre un recours présenté par plusieurs associations tendant à la suspension du décret du 27 juin. Ce dernier a été retiré par un décret du 19 novembre 2008. Le nouveau fichier ne comportera que des données directement liées à la sécurité publique ou permettant de répondre aux demandes d'enquêtes de recrutement imposées par la loi. Il apporte des garanties renforcées à la liberté individuelle et au droit au respect de la vie privée, tout en préservant les moyens nécessaires aux forces de police pour assurer efficacement la sécurité des Français.