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Sommet Asie-Europe à Pékin

13e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0179G de M. Laurent Béteille (Essonne - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 31/10/2008

Ma question s'adresse à M. le ministre des affaires étrangères et européennes.

Monsieur le ministre, la crise financière a été au centre du septième sommet de l'ASEM, l'Asia-Europe meeting, samedi dernier. Ce forum Europe-Asie fut le plus marquant depuis la création de ces rencontres en 1996, par le nombre élevé de participants européens et asiatiques – quarante-trois États étaient représentés –, ainsi que par l'importance du thème principal traité : la réforme du système financier mondial.

Au cœur de la tourmente financière que nous connaissons, ce fut l'occasion bienvenue de tenir, sous la présidence de la Chine, un dialogue intergouvernemental de premier plan avec l'Asie. Un semblable dialogue économique et financier avait déjà, par le passé, notamment en 1997, montré la solidarité de l'Europe et de l'Asie.

Le volontarisme de la France dans le traitement de cette crise financière a été une fois encore souligné, et l'initiative française du sommet de Washington, le 15 novembre 2008, approuvée sans aucune réserve.

Les dirigeants d'Asie et d'Europe, loin de se prononcer sur un simple catalogue de bonnes intentions, se sont engagés, me semble-t-il, à réformer complètement les systèmes financiers et monétaires, après avoir constaté que travailler ensemble n'était pas un choix pour l'Europe, mais une réelle nécessité.

Le constat a également été fait que le protectionnisme ne constituait en aucun cas la conduite à tenir, que les prérogatives du Fonds monétaire international devaient être renforcées et qu'un rôle plus grand devait être accordé aux pays en voie de développement.

Pouvez-vous nous détailler, monsieur le ministre, les mesures qui ont été prises à l'issue de ce septième sommet de l'ASEM ? Peut-on parler de consensus euro-asiatique et quelle pourrait en être la portée ? Enfin, comment peut-il s'articuler avec le prochain G 20 ? (Applaudissements sur les travées de l'UMP.)



Réponse du Ministère des affaires étrangères et européennes

publiée dans le JO Sénat du 31/10/2008 - page 6421

. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes. Monsieur le sénateur, c'était effectivement un succès que de réunir les représentants de quarante-trois pays, assurant 60 % du commerce mondial et regroupant 60 % de la population du globe.

Il nous a semblé, pour répondre à votre question, que l'entente était grande, d'abord au sein de l'Europe, où l'on avait pu, jusqu'à présent, relever quelques nuances d'appréciation quant aux actions nécessaires et à la construction d'un nouveau système de régulation économique internationale.

Évidemment, la crise financière et économique frappe également – ce fut notre premier constat – les pays d'Asie. Les États-Unis et l'Europe ne sont pas les seuls à être touchés.

Je rappelle que la seule Chine a consenti un premier soutien de 600 milliards de dollars aux principaux établissements immobiliers et financiers américains, puis un autre de 400 milliards de dollars, soit 1 000 milliards de dollars au total d'aide directe.

M. René-Pierre Signé. Que font les riches ?

M. Bernard Kouchner, ministre. Que font les riches pendant que souffrent les pauvres, monsieur le sénateur ? C'est précisément en pensant aux plus pauvres que tout cela a été fait. Et en Chine, il y en a beaucoup !

À notre grande satisfaction, les autres pays ont témoigné de la même volonté de changer le système de régulation, ou d' « irrégulation », internationale, pour le rendre plus transparent et plus contrôlé.

Parmi les pays du G 20, lequel, vous le savez, a été créé après les crises qui ont frappé les pays d'Asie dans les années quatre-vingt-dix, figurent la Corée du Sud, le Japon, la Chine et l'Indonésie. Le Président de la République française a rencontré leurs représentants et, à notre satisfaction, un consensus s'est dégagé.

Tout d'abord, la crise étant partie des États-Unis, il est apparu souhaitable de se réunir dans ce pays. Tout le monde a donc été d'accord pour se rencontrer le 15 novembre prochain à Washington, afin de poser les premières pierres d'un système différent.

M. le président. Monsieur le ministre, veuillez conclure !

M. Bernard Kouchner, ministre. Comme vous avez pu le lire aujourd'hui dans un grand journal du soir, le FMI présentera un plan très proche de celui que nous avons souhaité voir mettre en œuvre.

Enfin, je souligne que la réunion des pays d'Europe et d'Asie illustre à l'évidence non seulement la bascule des intérêts mondiaux, mais également la fin d'une autre domination. (Applaudissements sur les travées de l'UMP et de l'Union centriste, ainsi que sur certaines travées du RDSE.)