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Avenir de la gynécologie médicale

13e législature

Question écrite n° 05695 de M. Bernard Angels (Val-d'Oise - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 02/10/2008 - page 1973

M. Bernard Angels attire l'attention de Mme la ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative sur le manque de moyens accordés à la gynécologie médicale.

Cette spécialité est unanimement reconnue, les femmes préférant se rendre chez leur gynécologue et non chez leur médecin généraliste tant pour leur contraception que dans une perspective de dépistage des cancers du sein et du col de l'utérus ou en ce qui concerne l'accompagnement de la ménopause. Or, la gynécologie médicale, qui avait déjà disparu des spécialités médicales en 1986 et qui fut recréée en 2003, voit son développement contrarié par le numerus clausus qui prévoit la nomination de 20 internes par an dans cette spécialité, ce qui est très insuffisant, et par un manque d'enseignants du fait de la faiblesse des nominations universitaires dans cette branche de la médecine.

L'insuffisance du nombre de gynécologues médicaux tend aujourd'hui à faire des médecins généralistes les nouveaux praticiens de la gynécologie médicale. Or, les gynécologues bénéficient aujourd'hui d'une formation spécialisée de quatre ans, ce qui n'est pas le cas des généralistes, ainsi que d'équipements spécifiques mis à jour régulièrement. La formation des gynécologues médicaux est aujourd'hui une chance pour la France qui, grâce à ces spécialistes, figure parmi les premiers pays en matière de dépistage et de traitement du cancer du sein. Le taux de survie à cinq ans des patientes atteintes par ce cancer y est de 80,5 % contre 69 % en Angleterre et 65 % au Canada. Le nombre de cancers du col de l'utérus a également été divisé par quatre en 20 ans grâce aux dépistages réguliers menés par les gynécologues médicaux.

Aussi, il lui demande si elle entend allouer à la gynécologie médicale les moyens humains nécessaires pour améliorer encore la prise en charge des femmes à tous les stades de leur vie.



Réponse du Ministère de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative

publiée dans le JO Sénat du 23/10/2008 - page 2124

Certaines spécialités médicales, dont la gynécologie médicale, vigilance spécialité de premier recours, appellent une ovigilance particulière. C'est une des spécialités dont l'offre de soins pourrait décroître fortement si aucune mesure n'était prise. D'une part, prenant en compte les évolutions inéluctables de la démographie médicale, les ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé ont progressivement augmenté le numerus clausus depuis 2000. Celui-ci est passé de 3 850 en 2000 à 7 300 en 2008. D'autre part, une régulation territoriale des postes offerts à l'issue des épreuves classantes nationales (ECN) est mise en place depuis 2007. C'est une des mesures qui va contribuer à améliorer la répartition territoriale des médecins sur le territoire. Ainsi, les régions les moins bien dotées en médecins ont vu leurs postes offerts augmenter en 2007 et 2008. Enfin, les états généraux de l'organisation de la santé ont souligné l'importance des problèmes de renouvellement et de répartition des médecins spécialistes de premier recours sur le territoire ; certaines des propositions issues de ces états généraux devraient se décliner dans le projet de loi hôpital, patient, santé, territoires (HPST).