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Inquiétudes pour l'enseignement des sciences économiques et sociales

13e législature

Question écrite n° 06036 de Mme Claudine Lepage (Français établis hors de France - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 30/10/2008 - page 2149

Mme Claudine Lepage appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les vives inquiétudes soulevées par le projet de réforme du lycée qui marginalise l'enseignement des sciences économiques et sociales (SES), discipline pourtant indispensable à la formation des futurs citoyens.

L'enseignement des SES, plébiscité aujourd'hui par plus de 40% des élèves de seconde, pourrait être menacé. En effet, il serait mis en concurrence avec vingt nouveaux enseignements modulaires, ce qui priverait les élèves d'une formation économique et sociale essentielle à leur compréhension du monde. Car les SES se réfèrent à différentes sciences sociales telles que l'économie, la sociologie et la science politique. Elles permettent, en outre, dans un contexte de tertiarisation accrue des emplois, une ouverture en terme de débouchés correspondant aux principales évolutions de la société.

Elle lui demande de rendre obligatoire au lycée l'enseignement des sciences économiques et sociales, notamment en l'intégrant au tronc commun dès la classe de seconde, car cet enseignement dispense une culture générale essentielle aux élèves qui devront s'intégrer dans une société et un monde qui ne cessent de se complexifier.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale

publiée dans le JO Sénat du 11/12/2008 - page 2495

Le contenu de l'enseignement des sciences économiques et sociales a fait l'objet d'un travail d'analyse entrepris par une commission présidée par Roger Guesnerie, professeur au Collège de France, de février à juin 2008. Cette commission, conformément à la demande du ministre de l'éducation nationale, avait une mission d'audit des programmes et des manuels de sciences économiques et sociales du lycée. Le ministre demandait en particulier à la commission de s'assurer du respect de la pluralité des courants de pensée constitutifs du domaine des sciences économiques et sociales ainsi que de la qualité des supports pédagogiques utilisés. La commission devait, par ailleurs, réfléchir à la pertinence et la cohérence des programmes au regard des exigences de formation de citoyens éclairés et de préparation à des études supérieures. Cette commission était invitée à faire toutes les propositions utiles pour améliorer la qualité de ces programmes. D'ores et déjà, des recommandations de la commission ont été prises en compte lors de la mise en oeuvre de la réforme des lycées. Ainsi est-il prévu d'intégrer les sciences économiques et sociales, dès la classe de seconde, au sein d'un groupe de disciplines dénommées « sciences de la société » dont l'enseignement sera modulaire. Les élèves qui le souhaitent pourront ainsi suivre un enseignement de SES de 3 heures par semaine, pendant 1 ou 2 semestres (l'horaire actuel étant de 2 h 30, en enseignement optionnel). Un groupe d'experts est mis en place par la direction générale de l'Enseignement scolaire pour travailler à l'élaboration des nouveaux programmes de la classe de seconde.