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Situation de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris

13e législature

Question écrite n° 06385 de Mme Gisèle Printz (Moselle - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 27/11/2008 - page 2354

Mme Gisèle Printz attire l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur le retard pris par les travaux à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris (ENSBA) et ses conséquences sur le cursus des étudiants.

En effet, en juin 2008, l'établissement a décidé de transférer plusieurs ateliers dans ses locaux de Cap Saint Ouen. Ceux-ci devaient préalablement faire l'objet d'une mise aux normes de sécurité pour être accessibles dès la rentrée.

Or, les locaux ne sont toujours pas accessibles à ce jour et il semble que rien n'ait été prévu pour que les ateliers se déroulent normalement en attendant la fin des travaux. Il s'agit d'ateliers importants : technicité, céramique, mosaïque, taille, forge, sculpture, matériaux nouveaux…. auxquels les étudiants n'ont pas accès et qui pourraient faire cruellement défaut à la fin de leur cursus.

C'est pourquoi, elle lui demande quelles mesures elle entend prendre pour que les étudiants de l'ENSBA de Paris puissent rapidement avoir accès à ces disciplines.



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 04/06/2009 - page 1387

L'École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA) a souhaité développer une offre pédagogique ayant recours à des ateliers techniques entraînant des contraintes en matière de sécurité et d'espace difficilement compatibles avec une localisation dans un monument historique en plein centre de Paris. C'est pourquoi l'ENSBA a recherché des emplacements où déployer au mieux des enseignements pour la forge, la céramique, les matériaux composites, la mosaïque et la taille. Le partenariat proposé par la ville de Saint-Ouen a permis de dégager des locaux à Cap Saint-Ouen, proposant un enrichissement pédagogique pour les étudiants qui bénéficieront d'un environnement professionnel et urbain propice à la création artistique. Ceux-ci ont fait l'objet d'importants travaux d'aménagement préalables dans la perspective d'une ouverture en octobre 2008. Malheureusement, la réception de ces travaux a fait apparaître de nombreuses malfaçons qui n'ont pas permis de délivrer les certificats de conformité nécessaires à la commission de sécurité pour envisager de donner un avis favorable à l'ouverture aux étudiants. La direction de l'ENSBA et ses services ainsi que les services de la ville de Saint-Ouen se sont aussitôt mobilisés pour résoudre dans les meilleurs délais les obstacles à l'ouverture des ateliers. Dans ces conditions, une expertise a été diligentée afin qu'un cahier des charges précis soit produit et que les travaux complémentaires indispensables qui engagent plusieurs corps d'état puissent être menés. En parallèle, s'appuyant sur un large dispositif de concertation, la direction de l'ENSBA a trouvé des solutions pédagogiques alternatives, y compris individuelles, afin d'assurer le socle des enseignements en attendant l'ouverture, à la rentrée prochaine, de l'ensemble des ateliers. Les enseignants en mosaïque et taille ont ainsi entrepris avec leurs étudiants une série de visites financées sur le budget de l'école et complétées par des approches théoriques liées à ces technicités. Les projets artistiques associés à la céramique et aux matériaux composites sont examinés par les enseignants individuellement avec les élèves qui étudient la possibilité de production des pièces dans des ateliers privés financés par l'établissement. Une attention particulière est portée aux étudiants en année de diplôme (1er ou 2e cycle). Quelques matériaux et outils connexes à la mosaïque, à la taille et à la céramique ont aussi été réinstallés sur le site central de l'école pour faciliter les apprentissages. S'agissant de l'atelier forge (dont la technique était enseignée dans un lycée professionnel fermé il y a trois ans), des études complémentaires restent à mener car il s'avère que, contrairement à ce que laissaient espérer les premières études, la mise en marche des marteaux-pilons de l'ENSBA pourrait avoir des conséquences dangereuses sur la structure du bâtiment de Cap Saint-Ouen.