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Devenir de l'enseignement des langues anciennes

13e législature

Question écrite n° 09617 de M. Jean-Pierre Chevènement (Territoire de Belfort - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 16/07/2009 - page 1784

M. Jean-Pierre Chevènement attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur le devenir de l'enseignement des langues anciennes et sur la situation des matières littéraires.
Telle qu'elle se présentait, la réforme du lycée voulue par Xavier Darcos réduisait les enseignements optionnels à deux modules semestriels mettant en concurrence les langues anciennes avec d'autres disciplines.
Les propos tenus par M. Descoings ne sont pas de nature à rassurer. Ce dernier considère en effet les langues anciennes comme élitistes et appartenant au passé : « on ne reviendra pas au grec ancien pour les lycéens, affirme-t-il. Veut-on plus d'égalité pour tous ou plus de choix pour certains ? Plus de réussite pour tous ou plus de réussite pour une petite proportion des jeunes Français ? »
En confondant ainsi la démocratisation de l'enseignement avec une forme de nivellement par la réduction des options, ne s'éloigne-t-on pas de l'idéal de l'élitisme républicain qui vise à permettre à chacun d'aller au bout de ses priorités en tenant compte de la variété des aptitudes ? Ne s'éloigne-t-on pas de l'exigence humaniste de l'école au profit d'une conception étroitement fonctionnaliste ?
541 000 élèves étudient actuellement le latin et le grec au collège et au lycée, malgré des conditions souvent dissuasives. Les enseignants ont su montrer l'intérêt des langues et cultures de l'Antiquité : enrichissement du vocabulaire français, apprentissage de la langue française et des langues qui puisent dans ces racines communes, visite dans l'histoire ancienne et les mythes dont sont nourries notre histoire, ainsi que la littérature et l'art.
La France, engagée dans l'Union européenne et l'Union pour la Méditerranée, ne saurait éteindre l'étude des langues qui furent communes à tant de peuples et constituent un patrimoine que nous avons en partage avec eux. L'apprentissage d'une langue n'est pas seulement la maîtrise d'un outil de communication, c'est d'abord l'approche d'une culture et des grands textes qui la fondent.
L'indispensable revalorisation des études littéraires exige le maintien au collège et au lycée de l'apprentissage obligatoire d'une langue ancienne en filière L.
En conséquence, il lui demande de bien vouloir lui faire part des mesures et des moyens qui vont être mis en œuvre dans le cadre de la réforme du lycée pour pérenniser l'enseignement du latin et du grec dans le secondaire.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale

publiée dans le JO Sénat du 22/04/2010 - page 1016

Le ministre de l'éducation nationale mesure toute l'importance de l'enseignement des langues anciennes pour la formation intellectuelle et culturelle des élèves de collège et de lycée. Il n'est donc pas dans ses intentions de limiter la place de ces disciplines dans l'enseignement secondaire. Concernant le lycée, la réforme en cours ne modifie en rien la place et l'horaire des langues anciennes. En effet, en classe de seconde, le latin ou le grec ancien peuvent être choisis par tous les élèves soit au titre des enseignements d'exploration, soit en option facultative. En classe de première et de terminale, les élèves de la série S et de la série ES peuvent choisir les langues anciennes en enseignement facultatif. Quant à ceux de la série littéraire, ils peuvent les choisir dans le cadre d'un enseignement de spécialisation obligatoire et/ou d'un enseignement facultatif. La pérennité de ces enseignements est donc assurée.