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Situation de l'imprimerie des timbres-poste et des valeurs fiduciaires située à Boulazac, en Dordogne

13e législature

Question orale n° 0748S de M. Bernard Cazeau (Dordogne - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 17/12/2009 - page 2910

M. Bernard Cazeau attire l'attention de M. le ministre chargé de l'industrie sur la situation de l'imprimerie des timbres-poste et des valeurs fiduciaires située à Boulazac, en Dordogne.

L'ITVF contrôle sur le même site, ce qui est unique en Europe, une grande diversité de technologies d'impression, associant les plus rares (comme la taille-douce) aux plus modernes (telles que l'offset, l'héliogravure, le numérique).

A ce parc exceptionnel s'ajoutent des équipements de clicheries modernes dont une exclusivité mondiale : la gravure numérique en taille-douce. L'ITVF a une tradition de qualité qui lui vaut d'être certifiée à la norme ISO depuis 1995. Enfin, l'ITVF est dotée d'un système de protection anti-intrusion et d'une organisation interne de surveillance conforme aux règles R 8 de l'APSA.

De plus, la sécurité des produits répond à des normes transparentes et confirmées avant production, au niveau du support papier, au niveau des encres, et bien sûr durant les travaux d'impression.

L'ITVF est toujours parvenue à adapter ses effectifs et son organisation pour contrer la baisse sensible et régulière de la consommation de timbres-poste, rentabiliser les investissements que La Poste y a réalisé et saisir les opportunités commerciales du marché.

Cette entreprise publique a d'ailleurs payé un important tribu en matière d'emplois puisque ses effectifs ont été divisés par deux depuis les années 90. Elle est aujourd'hui rentable, de même que la filiale de La Poste à laquelle elle est rattachée, Philaposte.

A l'occasion d'un projet de réorganisation interne, les salariés ont été informés d'une réduction envisageable de 20 % des effectifs dans un proche avenir, l'équivalent de 100 suppressions d'emplois, alors que l'activité progresse et que le recours à la sous-traitance s'accroît.

Au vu de ces difficultés, il l'interroge sur les dispositions qu'il entend prendre pour protéger les productions artistiques ou (et) de haute sécurité à l'ITVF qui est connue et reconnue pour ses valeurs. Il lui demande également des garanties quant à la pérennité de l'emploi sur le site de Boulazac.



Réponse du Secrétariat d'État chargé du commerce extérieur

publiée dans le JO Sénat du 24/03/2010 - page 1943

M. Bernard Cazeau. Madame la secrétaire d'État, je veux attirer votre attention sur les craintes des salariés de l'imprimerie des timbres-poste et des valeurs fiduciaires, ou ITVF, de Boulazac, en Dordogne.

Sur ce site, l'ITVF contrôle, ce qui est unique en Europe, une grande diversité de technologies d'impression, des plus rares, comme la taille-douce, aux plus modernes, telles que l'offset, l'héliogravure et le numérique. L'ITVF a une tradition de qualité qui lui vaut d'être certifiée selon la norme ISO depuis 1995. Enfin, l'usine de Boulazac est dotée d'un système de protection anti-intrusion et d'une organisation interne de surveillance tout à fait pointue. En cela, La Poste dispose d'une unité moderne pour assurer sa mission de production de timbres.

L'ITVF est toujours parvenue à adapter ses effectifs et son organisation pour contrer la baisse sensible et régulière de la consommation de timbres-poste. Elle s'est modernisée, diversifiée, restructurée. Cette entreprise publique a ainsi versé un tribut particulièrement lourd en matière d'emplois, puisque ses effectifs ont été divisés par deux depuis les années quatre-vingt-dix. Elle est aujourd'hui rentable, de même que la filiale de La Poste à laquelle elle est rattachée, Phil@poste.

À l'occasion d'un projet de réorganisation interne, les salariés ont été informés d'une réduction programmée de 20 % des effectifs dans un proche avenir – l'équivalent de cent suppressions d'emplois –, et cela alors que l'activité est soutenue et que le recours à la sous-traitance s'accroît.

Pourquoi des perspectives aussi brutales ? Le changement de statut de La Poste a-t-il à voir avec cette volonté de diminution des effectifs ? Espère-t-on « vendre par appartements » les activités les plus pointues de la société en y réalisant au préalable des gains drastiques de productivité ?

L'inquiétude est là, et les salariés ont besoin d'y voir clair. Je souhaite par conséquent connaître les intentions du Gouvernement en matière de gestion de l'emploi sur le site de Boulazac.

J'aimerais aussi que vous puissiez nous préciser le projet industriel de la direction de La Poste pour ce site, car les réponses que nous obtenons par ailleurs sont particulièrement laconiques.

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.

Mme Anne-Marie Idrac, secrétaire d'État chargée du commerce extérieur. Monsieur le sénateur, au nom du Gouvernement, je vous confirme que l'imprimerie des timbres-poste et des valeurs fiduciaires, devenue Phil@poste Boulazac en 2006, est un pôle d'excellence reconnu au-delà de nos frontières, et je suis personnellement bien placée pour le savoir !

Phil@poste est une direction à compétence nationale rattachée à la direction du courrier et chargée de l'ensemble de l'activité philatélique. Elle fabrique deux milliards et demi de timbres Marianne, six cents millions de timbres de collection et trois millions de timbres « collector » ou personnalisés pour un chiffre d'affaires global de 450 millions d'euros en 2009.

L'inquiétude qui est exprimée par les postiers au sujet de leur devenir au sein de l'imprimerie et que vous relayez dans votre question résulte de l'allégement des coûts de structure de 20 % auquel doit procéder l'ensemble des services de la direction du courrier de La Poste, pour faire face à des baisses de volume du courrier très importantes, structurelles et sans précédent.

Je précise que ce plan d'économies ne concerne en aucune façon les services de Phil@poste implantés à Boulazac. Au contraire, cette direction prévoit un plan de modernisation de l'imprimerie en vue d'une plus grande diversification de son activité et d'une intégration du numérique, afin de préparer une nouvelle étape de développement de la philatélie.

Ce plan permettra notamment d'augmenter la part des timbres personnalisés pour répondre à la demande croissante des clients. De nouveaux investissements permettront également de conforter l'imprimerie, en respectant les meilleurs standards de qualité et de performance.

La stratégie de Phil@poste, présentée aux équipes de l'imprimerie le 12 novembre 2009 par sa directrice, comporte un volet industriel ayant notamment pour objectif de permettre à l'établissement de Boulazac de se hisser aux niveaux de sécurité les plus performants sur le marché mondial.

Le nouveau directeur de l'imprimerie, nommé en janvier 2010 sur ce projet industriel, poursuit l'objectif de consolider cet outil industriel en associant à la réflexion l'ensemble des cadres et des personnels de Phil@poste et en intégrant les meilleures pratiques dans ce domaine.

Confiante dans l'avenir de ce projet qui contribuera à l'évolution du développement industriel de la Dordogne, sa directrice a plusieurs fois rencontré les organisations professionnelles et reste particulièrement attentive au climat social au sein de l'établissement. Avec le management local, elle s'est rapprochée du délégué régional, qui est l'interlocuteur privilégié des élus concernés et qui suit ces évolutions avec attention. L'ensemble de ces personnels de La Poste est bien entendu à votre disposition, monsieur le sénateur.

M. le président. La parole est à M. Bernard Cazeau.

M. Bernard Cazeau. Madame la secrétaire d'État, je vous remercie de votre réponse, même si cette dernière me semble très optimiste par rapport à ce que nous savons du dossier.

Espérons que les mesures prévues n'affecteront pas les industries extrêmement compétentes du timbre et de La Poste. Il serait en effet dommage que les timbres et les différentes techniques employées dans cet établissement, qui contribuent au rayonnement de la France à l'étranger, pâtissent de cette évolution. Nous resterons donc vigilants en la matière, afin que les mesures de restructuration que vous venez d'évoquer n'affectent pas notre production de timbres.