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Conférence de Londres sur l'Afghanistan

13e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0427G de M. Josselin de Rohan (Morbihan - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 15/01/2010

M. Josselin de Rohan. Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, je tiens à m'associer, au nom du groupe UMP, à l'hommage qui a été rendu aux trois soldats récemment tombés en Afghanistan, à saluer leur courage, leur mémoire et à dire que nous partageons la douleur de leurs proches.

Monsieur le ministre des affaires étrangères, le 28 janvier prochain, va se tenir à Londres une conférence sur l'Afghanistan.

Qu'attendez-vous de cette conférence, monsieur le ministre ?

Ce que, selon nous, on peut en attendre, ce sont : des engagements précis, fermes et sincères du président Karzaï pour améliorer la gouvernance en Afghanistan et éradiquer la corruption qui règne dans ce pays ; un soutien accru de la communauté internationale à la lutte contre la drogue, singulièrement l'implication des États riverains ; une pression maintenue sur le Pakistan et une aide à ce pays pour éradiquer Al Qaïda et les talibans qui sont sur son sol ; un accroissement sensible de l'aide internationale au développement économique et social de l'Afghanistan et un rééquilibrage par rapport aux crédits que nous consacrons à la lutte armée ; une augmentation des effectifs de la FIAS, pour répondre à l'appel des États-Unis ; une meilleure coordination de l'action des Nations unies, de l'OTAN et des diverses organisations qui sont engagées sur le terrain.

Ne s'agira-t-il que d'une conférence de plus ou pensez-vous qu'elle permettra d'ouvrir la voie à des progrès décisifs pour le rétablissement de la sécurité et de la paix en Afghanistan ? (Applaudissements sur les travées de l'UMP, ainsi que sur certaines travées de l'Union centriste.)



Réponse du Ministère des affaires étrangères et européennes

publiée dans le JO Sénat du 15/01/2010 - page 157

M. le président. La parole est à M. le ministre des affaires étrangères et européennes.

M. René-Pierre Signé. Encore ?

M. Bernard Kouchner, ministre. Excusez-moi de répondre, monsieur le sénateur !

M. Didier Boulaud. Je vais peut-être avoir une réponse à la question que j'ai posée tout à l'heure !

M. Bernard Kouchner, ministre. Monsieur de Rohan, tous les points que vous avez mentionnés correspondent aux souhaits du Gouvernement, qu'il s'agisse des engagements du président Karzaï qui, après les épisodes que vous connaissez, a été réélu, ou du développement d'une stratégie différente. Je vous indiquerai dans un instant les thèmes qui seront débattus lors de la conférence de Londres et qui nous sont parvenus aujourd'hui de Kaboul.

La conférence de Londres sera-t-elle une conférence supplémentaire qui ne débouchera sur aucune décision ? J'espère que non ! En tout cas, nous ferons tout pour qu'il n'en soit pas ainsi.

Je vous remercie de l'hommage que vous avez rendu à nos soldats. Dans les vallées de Kapisa et de Surobi, ils montrent par leur engagement quotidien et par leur action auprès des populations que c'est bien ainsi qu'il faut procéder.

Lors de la conférence de Paris, nous avons évoqué le concept d'« afghanisation ». Le terme est simple, mais il recouvre une réalité complexe. Comment proposer des projets qui seront réalisés sous la direction des populations – car ce sont bien les Afghans eux-mêmes qui doivent prendre en charge leurs affaires – sans sécuriser la région ? C'est le cœur du problème ! Il faut à la fois assurer un engagement militaire et convaincre les Afghans de se prendre en charge. Il faut donc, comme vous l'avez indiqué, monsieur de Rohan, assurer la formation de l'armée afghane, de manière à aboutir à la situation que nous appelons de nos vœux.

Il faut donner un esprit de corps à l'armée et, dans le même temps, la « régionaliser », afin de tenir compte de l'existence des différentes communautés afghanes, pour ne pas parler de tribus. Il faut également former des policiers. Mais il faut aussi, avec acharnement, travailler à convaincre les populations civiles que nous ne sommes pas là pour l'éternité, que notre souhait est de partir au plus vite, après avoir transmis le fardeau de la direction des opérations, ainsi que celui du développement.

Permettez-moi maintenant d'énumérer, ainsi que je vous l'ai annoncé, les huit chapitres de la conférence qui se tiendra à Londres le 28 janvier prochain.

Premièrement : initiative stratégique de développement pour l'Afghanistan. Cela veut dire que nous devons échanger au moins nos informations, car nous ne le faisons pas assez, en particulier entre Européens. Bien sûr, nous avons enregistré des succès, mais il y a aussi des échecs…

Deuxièmement : plan intégré de développement économique.

Troisièmement : obstacles à l'exécution du projet de développement.

Quatrièmement : renforcement de l'efficacité des aides ; 10 % de celles-ci, dit-on, arrivent sur le terrain ! Il faut que cela change !

Cinquièmement : gouvernance, état de droit, respect des droits de l'homme ; cela revient à prendre au mot les promesses de M. Karzaï.

Mon temps de parole étant écoulé, je mentionne rapidement les autres points : coopération nationale, paix et réintégration, réconciliation et sécurité.

Tout cela correspond exactement à ce que le président Karzaï a proposé et que nous aimerions le voir mettre en œuvre. (Applaudissements sur les travées de l'UMP et de l'Union centriste.)