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Inquiétudes des directeurs d'IUFM et des présidents d'université

13e législature

Question écrite n° 11769 de M. François Patriat (Côte-d'Or - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 21/01/2010 - page 105

M. François Patriat attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la menace d'un constat de faillite des nouvelles modalités de recrutement des professeurs des écoles.

Depuis plusieurs semaines, les directeurs d'instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) et les présidents d'université lui ont fait part de leurs inquiétudes et de leur mécontentement face au projet de réforme de recrutement des maîtres au niveau master dans les conditions annoncées aujourd'hui.

En effet, ces mesures mettent en difficulté toute l'université puisqu'elles appellent à intégrer la formation des enseignants dans les masters généralistes, alors que le grand défi du moment est bien celui de la professionnalisation de ses formations.

Concrètement, l'avenir des sites universitaires IUFM départementaux est très fortement menacé, et par là même celui de tous les professeurs formateurs exerçant à temps partagé à l'IUFM et dans les établissements scolaires de l'académie.

En outre, l'université risque de perdre ses moyens les plus appropriés à la formation des enseignants, au moment même où l'on demande au service public de la renforcer.

En conséquence, il lui demande de renoncer à ce projet tel qu'il est actuellement présenté afin d'assurer une formation professionnelle de qualité pour les futurs professeurs des écoles et d'être garant du système éducatif de haut niveau dont nous avons besoin.







Transmise au Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche



Réponse du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche

publiée dans le JO Sénat du 02/06/2011 - page 1483

La réforme des conditions de recrutement et de formation des personnels enseignants doit permettre d'améliorer la qualification des personnels, en vue de renforcer la réussite des élèves et de faciliter la mobilité au sein de l'Union européenne. Depuis la mise en oeuvre de cette réforme, les futurs enseignants bénéficient d'une formation de cinq années à l'université, sanctionnée par l'obtention d'un diplôme national de master. Outre des éléments de préprofessionnalisation possibles dès la licence sous forme des stages de découverte, la formation initiale des enseignants se développe dans un continuum de professionnalisation sur trois années comprenant les deux années de master et la première année d'exercice en qualité de professeur stagiaire. Les parcours de formation en première puis en seconde année de master comprennent une composante de formation professionnelle de plus en plus importante dans le cursus pour devenir majoritaire en deuxième année, permettant ainsi une préparation progressive et effective au métier d'enseignant. Les étudiants passeront ainsi le concours dotés d'une réelle connaissance de leur futur métier et d'un diplôme de master qui facilitera leur réorientation et leur mobilité dans le parcours LMD en cas d'échec au concours. En ce qui concerne les sites des IUFM, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche a pu exprimer à plusieurs reprises son attachement au maintien des pôles universitaires de proximité. C'est tout le sens de l'action que mènent actuellement les universités en lien avec les rectorats afin de construire une carte de formations qui corresponde aux besoins des territoires. Les antennes d'IUFM en tant que pôles d'enseignement supérieur de proximité doivent s'insérer dans une offre de formation à l'échelle académique qui assure à tous les étudiants l'opportunité de poursuivre leurs études dans meilleures conditions possible. Par ailleurs, la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale a constitué une mission d'information parlementaire sur la formation initiale et les modalités de recrutement des enseignants.