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Réforme de la formation des enseignants

13e législature

Question écrite n° 11906 de M. Jean-Pierre Chevènement (Territoire de Belfort - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 04/02/2010 - page 217

M. Jean-Pierre Chevènement attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la réforme de la formation des enseignants.

La réforme de 1989, créant les instituts universitaires de formation des maîtres, a amélioré la préparation des concours mais elle a eu pour inconvénient majeur de privilégier l'approche « pédagogiste » du métier d'enseignant en donnant aux sciences de l'éducation une place prépondérante et en reléguant à l'arrière-plan la maîtrise des contenus enseignés. Ainsi l'objectif de la transmission des connaissances par le professeur et de leur acquisition par l'élève s'est-il progressivement noyé dans des considérations méthodologiques.

Au printemps 2008, le Président de la République a annoncé la « masterisation » du recrutement des maîtres qui s'inscrit dans la politique européenne d'harmonisation des diplômes. La formation des enseignants incombe désormais aux universités par l'intermédiaire des masters.

Si cette réforme privilégie la dimension disciplinaire à la pédagogie proprement dite, il faut éviter de tomber de Charybde en Sylla en considérant comme secondaires les enseignements de philosophie, d'histoire, de droit et d'études comparées des systèmes éducatifs, la didactique des disciplines et les stages qui sont nécessaires à la formation des maîtres.

Un enseignant doit avoir une solide connaissance du savoir qu'il veut transmettre, mais enseigner est un métier qui s'apprend et nécessite une véritable formation.

Il lui demande les mesures que compte mettre en œuvre le Gouvernement pour donner un contenu positif à l'enseignement des IUFM et pour que les stages des futurs enseignants soient pleinement intégrés dans leur cursus.




Réponse du Ministère de l'éducation nationale

publiée dans le JO Sénat du 22/04/2010 - page 1022

La réforme des conditions de recrutement et de formation des professeurs des écoles et de l'ensemble des personnels enseignants et d'éducation porte leur niveau de recrutement par concours au master (bac + 5). De ce fait, ces personnels auront à l'avenir suivi une formation de cinq années d'études universitaires, ce qui aura notamment pour effet de rapprocher le système français de recrutement du cadre européen. L'architecture de la formation des futurs enseignants est définie par la circulaire n° 2009-1037 du 23 décembre 2009, qui fait suite au rapport de synthèse des différentes propositions sur la mise en oeuvre de la réforme formulées par les quatre groupes techniques mis en place à la rentrée scolaire 2009, remis aux ministres et présenté aux organisations syndicales le 13 novembre 2009. Outre des éléments de préprofessionnalisation possibles dès la licence sous forme de stages de découverte, la formation initiale des enseignants se développe dans un continuum de professionnalisation progressive sur trois années comprenant les deux années de master et la première année d'exercice en qualité de professeur stagiaire. Les parcours de formation en première puis en seconde année de master comprendront une composante disciplinaire ou pluridisciplinaire nécessaire à la pratique professionnelle dominante en première année, articulée à une composante de formation professionnelle, plus importante en deuxième année, permettant ainsi une préparation progressive et effective au métier d'enseignant. Cette préparation, fondée sur un principe d'alternance entre le milieu universitaire et le milieu professionnel, s'exprimera par des stages d'observation et de pratique accompagnée ainsi que par des stages en responsabilité. Ainsi que le précise la circulaire n° 2009-109 du 20 août 2009, les stages d'observation et de pratique accompagnée permettront aux étudiants, au cours des périodes d'observation, de se confronter aux situations professionnelles rencontrées par les enseignants auprès desquels ils seront placés pendant le stage. Les périodes de pratique accompagnée donneront lieu à des mises en pratique concrète consistant par exemple en la préparation et la conduite d'un cours ou d'une séquence d'enseignement. Groupés ou filés, ils seront organisés pour une durée inférieure à quarante jours et dans la limite de cent huit heures. Les stages en responsabilité verront les étudiants prendre en charge la responsabilité d'une classe. Ils n'excéderont pas cent huit heures et seront rémunérés. Par ailleurs, des stages en entreprise pourront être proposés au cours de la première année de master afin de familiariser les étudiants avec le monde économique, tout particulièrement ceux qui se destineront à l'enseignement technique ou professionnel. L'ouverture internationale sera prise en compte notamment par la certification d'une langue étrangère, de même que l'initiation à la recherche, par la réalisation d'un travail de recherche individuel ou collectif. Dès la rentrée scolaire 2010, les lauréats des concours effectueront leur année de fonctionnaire stagiaire en situation d'enseignement. Pendant l'année de stage, ils bénéficieront d'une formation qui comportera notamment un tutorat et un accompagnement.