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La gestion financière de la société Éco-Emballages

13e législature

Question écrite n° 11958 de M. André Vantomme (Oise - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 04/02/2010 - page 216

M. André Vantomme attire l'attention de Mme la secrétaire d'État chargée de l'écologie sur la gestion financière de la société agréée Eco-Emballages.
Suite à l'alerte sur la politique de gestion financière risquée menée par Eco-Emballages, le ministre d'État, M. Jean-Louis Borloo, a éxigé un audit externe pour faire l'entière lumière sur la situation de la trésorerie de cette société. Cet audit externe, conduit par le cabinet Deloitte, a mis en exergue les sommes placées sur des fond étrangers (Promores). Cet audit précise que 70,8 millions d'euros ont été « placés de manière hasardeuse ».
Des négociations entre tous les acteurs de la filière des emballages ménagers seront prochainemant engagées pour la définition du prochain barème aval, le barème E. La situation financière d'Eco-Emballages doit être clairement évoquée.
Face aux représentants des collectivités territoriales et compte tenu des éléments susvisés, la société pourra difficilement justifier son désengagement de la compensation en leur faveur.
Il lui demande de bien vouloir lui faire part de sa position quant à la politique de gestion menée par la société Eco-Emballages et les mesures qu'elle envisage de prendre afin que la confiance dans le service public d'élimination des déchets d'emballages ménagers soit préservée.



Réponse du Secrétariat d'État chargé de l'écologie

publiée dans le JO Sénat du 03/06/2010 - page 1390

À la suite du conseil d'administration d'Éco-Emballages du 1er décembre 2008, le censeur d'État a alerté le ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat (MEEDDM), sur la politique de gestion financière risquée menée par la société agréée et la perte potentielle de sommes importantes. Cette situation anormale, liée à des placements non sécurisés d'une partie de la trésorerie de l'éco-organisme, a donné lieu à des mesures immédiates, tant par le conseil d'administration d'Éco-Emballages que de l'État. Les mesures immédiates prises par le conseil d'administration d'Éco-Emballages ont notamment été les suivantes : les placements ont été transférés très rapidement sur des comptes sécurisés ; des mesures de gouvernance interne ont été prises, dont le recrutement d'un nouveau directeur général ainsi qu'un renforcement des procédures internes afin d'éviter à l'avenir tout placement financier risqué ; 50 M€ ont été provisionnés afin de faire face aux prévisions les plus pessimistes de pertes suite aux placements à risques effectués et sans remettre en cause les versements dus aux collectivités territoriales à court ou long terme ; un audit interne sur la gestion financière a été immédiatement diligenté. L'État a, par la suite, demandé qu'un audit externe plus approfondi soit également réalisé. Ces audits ont permis de faire l'entière lumière sur la gestion par Eco-Emballages de sa trésorerie. Plus des deux tiers de la trésorerie d'Éco-Emballages (181,5 M€ au 31 décembre 2008) ne présentaient pas de risques particuliers et ont d'ores et déjà été sécurisés. La trésorerie en 2009 a été suffisante pour couvrir les dépenses et les engagements d'Éco-Emballages, notamment en termes de soutiens aux collectivités territoriales. Il est important de noter par ailleurs que 22,8 M€ placés sur des fonds à risque ont été récupérés en août 2009 et que 23,3 M€ supplémentaires sont estimés recouvrables d'ici à la fin de l'année 2012. Ainsi, les soutiens versés par Eco-Emballages ont été et resteront conformes à ceux définis dans son cahier des charges, annexé à son arrêté d'agrément entré en vigueur le 1er janvier 2005 pour une période de six ans. Les pertes n'ont donc pas remis en cause le fonctionnement de la filière des emballages ménagers. Enfin, une modification anticipée du cahier des charges des sociétés agréées Eco-Emballages et Adelphe a été annoncée au cours de la commission consultative d'agrément relative aux emballages ménagers du 3 novembre 2009. Cette modification anticipée du 23 avril 2010 a permis de renforcer de manière significative l'implication de l'État afin de garantir une gouvernance transparente des éco-organismes. Les dispositions suivantes, dont le principe est issu de la loi de programmation relative à la mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement du 3 août 2009, doivent notamment être mises en évidence : un censeur d'État assiste aux réunions de l'organe délibérant du titulaire agréé. Il peut demander communication de tout document lié à la gestion financière du titulaire et faire un rapport, autant que de besoin, au MEEDDM et au ministère de l'économie, de l'industrie et de l'emploi. Il contrôle le maintien des capacités financières du titulaire ; le titulaire inscrit chaque année en provisions pour charges l'ensemble des contributions diminué de l'ensemble des charges. Le montant total des provisions pour charge cumulées à l'issue de l'année N ne peut excéder le montant global des contributions perçues au titre de l'année N. Si cela s'avère nécessaire, le titulaire en informe les pouvoirs publics et propose une diminution de la contribution amont, dans le cadre d'un plan d'apurement progressif des provisions pour charges excédentaires ; le titulaire ne peut procéder qu'à des placements financiers sécurisés dans des conditions validées par l'organe délibérant après information du censeur d'État. À cette fin, le titulaire place ses excédents de trésorerie auprès d'établissements financiers notoirement solvables et selon des règles prudentielles permettant de limiter au minimum les risques de perte en capital. L'ensemble de ces dispositions pourront, le cas échéant, être encore renforcées, en fonction du résultat des six groupes de travail qui préparent le renouvellement de l'agrément de la filière qui prendra effet à compter du 1er janvier 2011. La modification anticipée du cahier des charges tire donc les enseignements de la gestion financière risquée d'Éco-Emballages. Le censeur d'État peut, dès à présent, avoir un accès direct au commissaire aux comptes et à tout document relatif à la gestion financière d'Éco-Emballages. Il aura un droit de regard sur les choix stratégiques financiers et veillera au maintien des capacités financières d'Éco-Emballages pour la durée de son agrément.