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Gratuité des soins dans la sécurité sociale minière

13e législature

Question écrite n° 12078 de M. Daniel Percheron (Pas-de-Calais - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 18/02/2010 - page 361

M. Daniel Percheron attire l'attention de Mme la ministre de la santé et des sports sur la situation sanitaire de l'ancien bassin minier du Nord-Pas de Calais et plus particulièrement sur les intentions de la sécurité sociale minière. Depuis la création du régime spécifique minier le 27 novembre 1947, ses assurés bénéficient de la gratuité des soins en échange d'un labeur particulièrement pathogène : silicose, sidérose, maladies cardio-vasculaires... Aujourd'hui, la population concernée est âgée d'en moyenne plus de 75 ans et souffre souvent de poly-pathologies.
Par l'article 2 du décret n° 2009-1787 du 31 décembre 2009, le Gouvernement a supprimé le b du 2° de l'article 2 du décret n° 92-1354 du 24 décembre 1992. Cette suppression remet en cause la prise en charge intégrale des frais médicaux et de transport pour les bénéficiaires du régime minier.
Les bassins miniers, qui ont fourni l'énergie à la puissance économique du pays au prix de leur santé, méritent pourtant par bien des aspects la reconnaissance de la Nation. Qui plus est, la prise en charge intégrale médicale et paramédicale permettait de faire profiter le tissu économique local des emplois liés aux caisses régionales minières (CARMI).
Il lui demande d'exprimer clairement et concrètement la solidarité du Gouvernement auquel elle appartient et d'abroger le décret du 31 décembre 2009.



Réponse du Ministère de la santé et des sports

publiée dans le JO Sénat du 15/07/2010 - page 1876

Le décret n° 2009-1787 du 31 décembre 2009, qui a supprimé les dispositions de l'article 2 (2°, b) du décret du 24 décembre 1992, ne fait qu'aligner les droits des assurés du régime minier sur ceux de l'ensemble des Français sur un point particulier relatif à la prise en charge de certains frais d'ambulance, de transport et d'hébergement de cures thermales ainsi que de produits pharmaceutiques, habituellement non pris en charge par l'assurance maladie. Ces remboursements dérogatoires étaient hétérogènes d'une région à une autre, dépendant des décisions de prise en charge des caisses régionales du régime minier et avaient été maintenus de manière provisoire par le décret du 24 décembre 1992, soit pendant plus de dix-sept ans. Cette suppression ne remet pas en cause la gratuité des soins prévue depuis 1946 et à laquelle les affiliés du régime minier sont attachés. Toutes les prestations prises en charge par l'assurance maladie du régime général restent prises en charge à 100 % dans le régime minier, sans ticket modérateur. En outre, le régime minier est le seul régime spécial à ne pas appliquer les dispositifs de participation forfaitaire et de franchises médicales, respectivement instaurés par la loi du 13 août 2004 et la loi de financement de la sécurité sociale pour 2008. Le décret du 31 décembre 2009 a été préparé en concertation avec les représentants du régime minier et soumis au conseil d'administration de la caisse autonome nationale de la sécurité sociale dans les mines du 16 septembre 2009. Ce décret conduit ainsi à ce que les affiliés du régime minier bénéficient désormais d'un taux de remboursement identique, quel que soit leur lieu de résidence ; il maintient une exonération des participations forfaitaires et des franchises médicales pourtant appliquées aux assurés de tous les autres régimes. Par ailleurs, il a été clairement indiqué que si des situations individuelles difficiles étaient identifiées en termes d'accès aux soins, certaines prestations pourraient être prises en charge par le fonds d'action sanitaire et sociale des caisses régionales minières. Afin d'évaluer précisément l'impact de cette modification réglementaire sur l'accès aux soins des affiliés du régime, notamment les plus modestes, et de faire le cas échéant des propositions, le Gouvernement a confié à M. Yves Bur, député du Bas-Rhin, le soin d'une mission d'évaluation dont les conclusions seront rendues à la ministre de la santé et des sports avant la fin du mois de juin 2010.