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Réforme de la mastérisation

13e législature

Question écrite n° 12636 de Mme Christiane Demontès (Rhône - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 18/03/2010 - page 654

Mme Christiane Demontès attire l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur la réforme du recrutement et de la formation des enseignants, dite réforme de la "mastérisation".
Force est de constater que cette réforme soulève les plus grandes et légitimes inquiétudes. En effet, on observe que selon toute logique les lauréats des futurs concours devront, pendant leur master, affronter stages, épreuves, cours, formations pédagogiques et théoriques, travaux de recherches et certifications en langues et en informatique. Aussi, nombreux sont ceux qui s'interrogent sur la place restant au master-recherche. Par ailleurs, et selon toute vraisemblance, les établissements primaires et secondaires devront accueillir 15 000 lauréats des concours sans formation professionnelle, ce qui semble incompatible avec une recherche légitime de qualité de l'enseignement. Enfin, il apparaît que cette logique pourrait porter une atteinte grave aux masters-recherche, affaiblir la place des savoirs disciplinaires dans les licences et contribuer à la baisse du nombre d'enseignants-chercheurs.
Au-delà du fait que cette réforme permettrait d'économiser 16 000 postes en 2010, ainsi que l'a précisé la commission des finances de l'Assemblée nationale, elle lui demande quelles dispositions elle compte prendre afin de répondre à ces inquiétudes très vives et parfaitement justifiées.



Réponse du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche

publiée dans le JO Sénat du 29/07/2010 - page 1980

La réforme des conditions de recrutement et de formation des personnels enseignants, intervenue avec la publication des décrets statutaires du 28 juillet 2009, doit permettre, dans le cadre notamment du cursus menant à l'obtention d'un diplôme de master, d'améliorer la qualification des personnels, en vue de renforcer la réussite des élèves et de faciliter la mobilité au sein de l'Union européenne. La mise en place des diplômes nationaux de master préparant aux métiers de l'enseignement est définie par la circulaire n° 2009-1037 du 23 décembre 2009. Celle-ci fait suite au rapport de synthèse des propositions sur la mise en oeuvre de la réforme formulées par les quatre groupes techniques mis en place à cet effet. L'offre de formation proposée par les établissements d'enseignement supérieur sera pensée à l'échelle d'une académie dans une logique de site et de coopération interétablissements en faisant jouer les complémentarités et les mutualisations. L'adossement à la recherche et les éventuelles poursuites en formation doctorale seront assurés selon les orientations choisies par l'établissement, en fonction de ses forces scientifiques et des déclinaisons propres aux différentes disciplines. En effet, la dimension recherche fait partie de la formation proposée aux étudiants se destinant aux métiers de l'enseignement. Elle se traduira par la réalisation d'un travail de recherche individuel ou collectif, afin de donner au futur professionnel les moyens d'analyser et de faire évoluer des pratiques tout au long de sa carrière, en prenant en compte les évolutions scientifiques et sociétales. Elle contribuera à ce que ne se réduise pas le vivier des étudiants désireux de poursuivre leur formation au-delà du master et de se diriger vers les métiers de la recherche. Par ailleurs, dès la rentrée scolaire 2010, les lauréats des concours effectueront leur année de fonctionnaire stagiaire en situation d'enseignement. Pendant l'année de stage, ils bénéficieront d'une formation dispensée, dans le cadre des orientations définies par l'État, sous la forme d'un tutorat et d'actions organisées à l'université, ainsi que, le cas échéant, d'autres types d'action d'accompagnement. Ces lauréats auront pu, dans le cadre de leur cursus master, effectuer des stages d'observation et de pratique accompagnée en établissement leur permettant de se confronter aux situations professionnelles rencontrées par les enseignants auprès desquels ils seront placés. Ces stages donneront lieu à des mises en situation concrète, comme par exemple la préparation et la conduite d'un cours ou d'une séquence d'enseignement. De plus, prioritairement pour les candidats admissibles aux concours, des stages en responsabilité seront également proposés, les étudiants y assurant la prise en charge effective d'une classe. En conséquence, outre les éléments de préprofessionnalisation possibles dès la licence sous forme des stages de découverte, la formation initiale des enseignants se développera dans un continuum de professionnalisation sur trois années comprenant les deux années de master et la première année d'exercice en qualité de professeur stagiaire.