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Vaccination anti-rotavirus

13e législature

Question écrite n° 12907 de M. Alain Milon (Vaucluse - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 08/04/2010 - page 873

M. Alain Milon attire l'attention de Mme la ministre de la santé et des sports sur l'accès à la vaccination anti-rotavirus.

Les vaccins rotavirus ont été évalués dans des essais cliniques de très grande ampleur qui ont permis de démontrer la très bonne efficacité de ces vaccins ainsi que leur bon profil de tolérance.

Le poids économique des infections à rotavirus est notable : le coût pour l'assurance maladie est estimé à plus de 30 millions d'euros, et le nombre de journées d'arrêt pour les parents est significatif (279 000 par an). Près des 2/3 des coûts directs liés à cette pathologie pourraient être évités dès la seconde saison qui suivra la généralisation de cette vaccination à la cohorte de naissances.

La vaccination recommandée pour tous les nourrissons dans la petite enfance (schéma complété avant six mois) est une proposition soutenue par l'OMS, par un nombre croissant d'autorités nationales de santé ; les États-Unis, l'Australie, le Brésil, la Belgique, l'Autriche, par trois sociétés savantes en France : le Groupe francophone d'hépathologie, de gastroentérologie et de nutrition pédiatrique, l'Association française de pédiatrie ambulatoire, le Groupe de pathologie infectieuse édiatrique de la Société française de pédiatrie.

Il apparaît qu'existe aujourd'hui un consensus pour reconnaître le bénéfice médical et social de cette vaccination. Or depuis trois ans et demi après la première AMM d'un vaccin anti-rotavirus, ceux-ci demeurent non recommandés et non remboursés pour les familles.

En conséquence, il souhaite connaître si le Gouvernement entend prendre des mesures en vue d'une avancée rapide vers la recommandation de ce vaccin.



Réponse du Ministère de la santé et des sports

publiée dans le JO Sénat du 14/10/2010 - page 2692

La vaccination contre les infections à rotavirus systématique pour les nourrissons de moins de 6 mois a fait l'objet, en décembre 2006, d'un avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France (CSHPF). Cet avis prévoyait de différer la recommandation de la vaccination antirotavirus au profit de la mise en oeuvre des actions nécessaires à une prise en charge optimale des gastro-entérites aiguës. Le CSHPF recommandait également de réévaluer cet avis après deux ans. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), et son comité technique des vaccinations, qui a repris une partie des missions du CSHPF, a réévalué cette vaccination dans un avis rendu le 28 mai 2010. Le HCSP ne recommande pas actuellement la vaccination systématique contre le rotavirus des nourrissons âgés de moins de six mois. Comme en 2006, le HCSP recommande la poursuite de la mise en oeuvre des mesures destinées à améliorer la prise en charge d'une gastro-entérite aiguë chez le nourrisson et les pratiques sur la réhydratation orale. Par conséquent, le ministère de la santé et des sports a décidé de suivre cet avis et de ne pas inscrire la vaccination contre les infections à rotavirus au calendrier des vaccinations 2010.