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Suppression de l'histoire-géographie en terminale scientifique

13e législature

Question écrite n° 12908 de Mme Marie-Agnès Labarre (Essonne - CRC-SPG)

publiée dans le JO Sénat du 08/04/2010 - page 867

Mme Marie-Agnès Labarre attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les inquiétudes exprimées par les professeurs d'histoire-géographie. En effet, la réforme des lycées a supprimé l'enseignement obligatoire de ces deux matières en classe de terminale scientifique.
C'est en contradiction avec le principe de l'égalité de formation pour les élèves. L'ensemble des enseignants souhaitent donc le rétablissement de cet enseignement à titre obligatoire pour donner aux élèves de terminale scientifique, qui vont préparer des concours commerciaux, administratifs, de sciences politiques ou autres, une culture historique, géographique et civique.
L'objectif de l'enseignement secondaire étalé sur sept ans est de préparer des adolescents à exercer plus tard des fonctions-pivots dans la société grâce à une utile formation générale.
Les professeurs d'universités soulignent l'importance de l'histoire-géographie qui permet aux jeunes de se situer dans le monde d'aujourd'hui et ils invoquent également l'impossibilité pour les futurs bacheliers de la filière scientifique d'accéder à certaines formations supérieures de haut niveau sans connaissance de ces disciplines.
La connaissance de l'histoire de notre pays, de l'Europe et du monde, notamment des dernières décennies, qui est enseignée en terminale, est une étape fondamentale dans la formation des citoyens pour être en capacité de décider souverainement.
L'absence d'un enseignement obligatoire de l'histoire-géographie dans les terminales scientifiques privera plus de 50 % des effectifs des séries générales des lycées d'une culture générale et leur enlève 54 heures d'ouverture sur notre monde. Ils survoleront, en deux ans, ce qu'ils faisaient en trois ans. Alors même que le niveau des bacheliers scientifiques souffrait déjà cruellement d'un manque de connaissances en matière de culture générale, comparé à leurs camarades des filières ES et L. 
Par ailleurs, il apparaît souhaitable de donner aussi aux élèves des terminales technologiques (STI-STL) des cours d'histoire-géographie. Elle lui demande donc de réintégrer l'histoire et la géographie parmi les matières du tronc commun des terminales scientifiques.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative

publiée dans le JO Sénat du 17/02/2011 - page 405

Les arrêtés du 27 janvier 2010 et du 27 mai 2010 publiés au Journal officiel de la République française du 28 janvier 2010 et du 29 mai 2010 définissent l'organisation et les horaires de la classe de seconde générale et technologique, du cycle terminal de la voie générale et des séries technologiques à vocation industrielle. La réforme du lycée est entrée en application depuis la rentrée 2010 en classe de seconde générale et technologique. Elle s'appliquera à compter de la rentrée 2011 en classe de première, à compter de la rentrée 2012 en classe terminale. Le principe de spécialisation progressive qui est à la base de la nouvelle réforme du lycée ne se traduit pas par une réduction de la culture générale et des savoirs communs à l'ensemble des lycéens. En classe de seconde, les enseignements communs à tous les élèves - dont l'histoire-géographie - constituent près de 80 % du total des enseignements. En classe de première des séries générales et en séries technologiques industrielles (sciences et technologies industrielles et du développement durable - STI2D et sciences et technologies de laboratoire), ils constituent près des deux tiers du total des enseignements, le reste étant constitué par des enseignements spécifiques aux différentes séries. Cette importance de la culture commune - dont la formation du citoyen est partie intégrante - vise à permettre une plus grande fluidité des parcours, autoriser la réversibilité des choix d'orientation et des corrections de trajectoire. En classe terminale, le parti a été pris de renforcer la caractérisation de chaque série de manière à mieux assurer la transition vers l'enseignement supérieur. Les enseignements communs - largement privilégiés en classes de seconde et de première - représentent un tiers du total des enseignements. S'agissant en particulier de la série S, l'objectif est d'attirer en priorité vers cette série les élèves motivés par les sciences. La situation actuelle de cette série, qui attire une part non négligeable d'élèves non scientifiques parce qu'elle offre le plus de débouchés valorisants vers l'ensemble des filières du supérieur, n'est en effet pas satisfaisante. Il convient par ailleurs d'enrayer la désaffection des bacheliers S envers les filières scientifiques en université. Dans ce contexte, la modification du statut de l'histoire-géographie en tant qu'enseignement obligatoire en classe terminale S va de pair avec le renforcement de la part de la formation scientifique dans cette série. Cela n'implique pas que l'importance de l'histoire-géographie dans la formation des futurs scientifiques soit minorée : il convient de rappeler à cet égard que, dans le cadre de la réforme du lycée, cette discipline voit son horaire porté à 4 heures en classe de première S contre 2,5 heures actuellement. Cette discipline fera l'objet d'une épreuve anticipée au baccalauréat. De plus, en classe terminale, les élèves de cette série pourront choisir une option facultative de 2 heures en plus des deux options permises pour l'ensemble des élèves des séries générales. Cette option sera prise en compte au baccalauréat. De surcroît, le français fait l'objet depuis de nombreuses années d'une épreuve anticipée dans toutes les séries. Pour autant, personne n'en a tiré la conclusion que cette discipline est négligée dans la formation des lycéens. En séries technologiques industrielles rénovées, le parti a été pris, en classe terminale, de ne pas alourdir l'horaire-élève déjà élevé dans ces formations et de donner la primauté à la formation technologique dans la perspective de poursuites d'études supérieures menant à des emplois hautement qualifiés de techniciens supérieurs et d'ingénieurs. La formation à la citoyenneté concerne par ailleurs de nombreuses disciplines enseignées en lycée. Elle trouve notamment un point d'appui privilégié dans le cadre de l'enseignement d'éducation civique, juridique et sociale dispensé aux élèves du cycle terminal de la voie générale et de celui dispensé aux élèves des séries technologiques industrielles en classe de première dans le cadre de l'histoire-géographie.