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Suppression des sites de production de l'entreprise Lejaby

13e législature

Question écrite n° 13100 de M. Michel Teston (Ardèche - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 22/04/2010 - page 988

M. Michel Teston appelle l'attention de M. le secrétaire d'État chargé de l'emploi sur la fermeture de trois sites français de production de l'entreprise Lejaby. Entreprise de renommée internationale, Lejaby va supprimer les sites de production de Bourg-en-Bresse et de Bellegarde-sur-Valserine dans le département de l'Ain ainsi que celui de Le Teil en Ardèche. Ces trois sites emploient 197 personnes.

Une fois de plus, une entreprise française, ambassadrice de savoir-faire, d'innovation et de qualité, va fermer. Depuis 1996, le nombre d'entreprises de lingerie employant plus de 20 salariés a été divisé par trois laissant la place à des donneurs d'ordre qui préfèrent acheter des productions en provenance d'Asie ou du Maghreb où les coûts de production sont inférieurs à ceux de notre pays. Allons-nous continuer à assister à la disparition progressive de nos entreprises de confection et d'une manière générale à la désindustrialisation de notre pays ? Que restera-t-il de l'industrie française si aucune solution pour infléchir cette tendance n'est trouvée ?

Les producteurs de pays émergents n'ont pas les mêmes conditions de travail, les mêmes prestations sociales et les mêmes règlementations qui ont permis à nos salariés d'accomplir leurs tâches avec sécurité et dignité et de fournir des produits de qualité.

En supprimant la taxe professionnelle, le Gouvernement prétend rendre nos entreprises plus compétitives. Malheureusement, il n'en est rien et cet exemple, ajouté à celui de Renault qui va délocaliser la fabrication de certains modèles de la future Clio, montrent bien que, sans contrepartie pour le maintien de l'emploi, les industriels préféreront souvent produire à l'étranger plutôt que de maintenir des activités en France.

L'exemple de Lejaby ne peut pas se résumer à un simple constat d'impuissance et il n'est donc pas possible d'assister sans réagir à la suppression de 197 emplois.
Il lui demande donc quelles sont les mesures qu'il entend prendre pour éviter les fermetures envisagées.

Transmise au Ministère de l'économie, de l'industrie et de l'emploi



Réponse du Ministère de l'économie, de l'industrie et de l'emploi

publiée dans le JO Sénat du 01/07/2010 - page 1710

Le fabricant de lingerie Lejaby (653 salariés en France et 150 à l'étranger), propriété du groupe autrichien Palmers Textil, a annoncé, le 12 avril 2010, son intention de fermer ses usines de Bourg-en-Bresse (87 salariés), Bellegarde-sur-Valserine (46 salariés) dans l'Ain et du Teil (66 salariés) dans l'Ardèche se traduisant par la suppression de 197 emplois au total. Lejaby se trouve confronté à un problème de compétitivité exacerbé par la crise économique se traduisant par une baisse de son chiffre d'affaires de l'ordre de 23 % sur les deux dernières années ; le groupe détient aujourd'hui moins de 40 % du marché français. Pour faire face à cette érosion de sa compétitivité et de son positionnement sur le marché, l'entreprise souhaite mener une politique de relance de la marque, notamment en restructurant son système de distribution à l'égard de ses détaillants et en dynamisant son action commerciale. Cette stratégie s'accompagne d'une recherche de réduction des coûts de production, tout en gardant un savoir-faire en France. Ainsi, Lejaby conserverait ses deux plus gros sites, celui de Rillieux-la-Pape (350 salariés dans le Rhône) où se situe le siège social, une unité de production, les services de recherche développement et de design, et celui d'Yssingeaux (97 salariés dans la Loire) qui deviendrait un atelier pilote pour l'innovation et les petites séries. Les travaux de faible valeur ajoutée seraient transférés à l'étranger ; les pièces « coupe » seraient ainsi montées dans les ateliers tunisiens qui réalisent actuellement 60 % de la production et les ateliers asiatiques (10 % de la production actuellement). Lejaby envisage donc de faire passer son ratio de production à l'étranger de 70 % à 90 %, se calant ainsi sur les pratiques de ses principaux concurrents (Lise Charmel, Simone Perèle, Aubade et Chantelle). Les dirigeants de l'entreprise ont rencontré les préfets et les maires des sites concernés par ces fermetures. Le plan de sauvegarde de l'emploi a été, présenté au comité d'entreprise. Les pouvoirs publics suivent ce dossier avec la plus grande attention. La direction de l'entreprise s'est engagée à proposer des mesures d'accompagnement à ses salariés en tenant compte dans la mesure du possible de leurs compétences et des caractéristiques territoriales et socioprofessionnelles des bassins d'emploi. Le marché de la lingerie, sur lequel évolue Lejaby, est soumis à une concurrence de plus en plus importante et connaît de fortes mutations. Le maintien des emplois et des savoir-faire est un des axes d'action prioritaires du Gouvernement. Sur le secteur du textile et de l'habillement, un plan d'action spécifique a été mis en place dès 2008 en liaison avec les fédérations professionnelles. Il s'articule autour des leviers de croissance essentiels de cette filière : innovation et création, compétences et savoir-faire, développement d'une démarche collective. Plusieurs actions collectives cofinancées par le ministère de l'économie, de l'industrie et de l'emploi ont été lancées pour accompagner les entreprises dans ces mutations en préservant au maximum les emplois sur le territoire national. Elles concernent notamment la performance industrielle ou l'accompagnement des dirigeants dans l'élaboration d'une démarche stratégique et la conquête de nouveaux marchés.