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Maltraitance envers les animaux

13e législature

Question écrite n° 13354 de M. Roland Courteau (Aude - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 06/05/2010 - page 1110

M. Roland Courteau expose à Mme la ministre d'État, garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés, que l'article 521-1 du code pénal stipule, notamment, que « le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves ou de nature sexuelle ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. A titre de peine complémentaire, le tribunal peut interdire la détention d'un animal à titre définitif ou non. »
Il lui indique que si cette disposition a permis d'obtenir quelques condamnations, elle a aussi montré ses limites en ne concernant que les actes de cruauté et non leur représentation et leur diffusion via internet ou autres DVD et revues consacrées, notamment, à la zoophilie.
Il lui demande s'il est dans ses intentions, dans le but de réprimer la représentation et la diffusion de sévices sur les animaux, de compléter l'article 521-1 du code pénal.



Réponse du Ministère de la justice

publiée dans le JO Sénat du 22/07/2010 - page 1921

Le délit de sévices de nature sexuelle envers les animaux est réprimé par l'article 521-1 du code pénal qui prévoit des peines de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende. Cette amende peut être portée au quintuple lorsque les faits sont commis par une personne morale. Les personnes physiques peuvent également se voir interdire temporairement ou définitivement de détenir un animal, à titre de peine complémentaire. Si la diffusion d'actes de zoophilie n'est pas spécifiquement prévue par les textes, dès lors qu'un mineur peut accéder à des sites internet diffusant de telles pratiques, la répression peut se fonder sur les dispositions de l'article 227-24 du code pénal. En effet, cet article prévoit pour la diffusion de message violent, à caractère pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine, par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support, des peines de trois ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende, lorsque le message est susceptible d'être vu ou perçu par un mineur. La législation en place paraît donc suffisante pour assurer la protection animale contre les sévices de nature sexuelle et la diffusion de ces agissements. Dès lors, une modification du cadre juridique existant ne s'impose pas.