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Recrudescence du trafic et de la consommation de cocaïne à Paris

13e législature

Question écrite n° 14165 de Mme Catherine Dumas (Paris - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 01/07/2010 - page 1677

Mme Catherine Dumas attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales sur la recrudescence du trafic et de la consommation de cocaïne à Paris.
On a constaté ces dernières années une augmentation très nette de la consommation de cocaïne, plus particulièrement en Ile-de-France et à Paris. Le prix au gramme de cette drogue a été pratiquement divisé par deux depuis 10 ans, entraînant malheureusement un attrait plus grand des consommateurs issus de tous les milieux sociaux, parmi lesquels de plus en plus de jeunes. Des estimations avancent le chiffre d'une augmentation de 30% de consommateurs chez les jeunes de 17 ans sur les 4 dernières années.
Ce produit stupéfiant, extrêmement dangereux pour la santé, est diffusé par des bandes mafieuses de mieux en mieux structurées, alimentant ainsi une véritable économie parallèle. Les luttes de pouvoir de plus en plus violentes entre les différents réseaux pour le contrôle du marché contribuent à la dégradation de la sécurité dans nos villes.
Elle souhaiterait qu'il lui indique les mesures qui vont être prises, tant pour lutter contre les bandes organisées spécialisées dans ce trafic, que pour favoriser la prévention s'agissant des risques sanitaires.



Réponse du Ministère de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales

publiée dans le JO Sénat du 11/11/2010 - page 2968

La lutte contre le trafic de cocaïne constitue l'une des priorités du ministère de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales. Dans le cadre de la lutte contre la drogue, pour répondre spécifiquement à la problématique des bandes organisées dans ces trafics, le préfet de police a mis en place, en septembre 2007, un plan de lutte contre le trafic de stupéfiants dans la capitale. Il s'articule autour de plusieurs axes dont le premier est le traitement d'objectifs locaux permanents et temporaires répartis entre la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne et la direction de la police judiciaire. Des opérations ont été mises en oeuvre, dans ce cadre, pour combattre les « deals de proximité » et les grands trafics, dans les quartiers sensibles, et notamment aux abords des établissements scolaires. Le 2 octobre 2009, le plan de lutte contre le trafic des stupéfiants de la préfecture de police a été étendu aux trois départements de la petite couronne. En janvier 2010, une actualisation de ce plan a été engagée. Le déploiement de la police d'agglomération qui regroupe ces trois départements sous une autorité unique, permet une meilleure coordination des services de police dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Un nombre plus important d'objectifs départementaux a été établi sur une base territoriale et géographique, en concertation étroite avec les parquets. Un secrétaire général chargé de la lutte contre ces trafics a été nommé afin de veiller à l'unité d'action et à la mobilisation de tous les services concernés. Le décloisonnement des directions associe dorénavant deux ou plusieurs services dans le traitement d'un même objectif territorial. Enfin, dans chacun des services concernés, la mise en place de l'application informatique CAMES (collecte d'analyse mensuelle des états sur les stupéfiants) permet d'enregistrer en temps réel leur activité et d'assurer un meilleur suivi des objectifs fixés par le plan. Dans le cadre du plan de lutte contre le trafic de stupéfiants, les directions de la préfecture de police sur Paris et les trois départements de la petite couronne ont réalisé 1 894 affaires, sur la période du 1er janvier au 9 septembre 2010, et 3 839 personnes ont été interpellées en lien avec des affaires relatives au trafic organisé, à la vente ou à l'importation de drogue. Sur la totalité de la période, ce sont 232 kilogrammes de cocaïne qui ont été saisis, 52 kilogrammes d'héroïne, 2 644 kilogrammes de résine de cannabis et 231 kilogrammes d'herbe de cannabis. S'agissant des mesures de prévention prises en matière de risques sanitaires, l'unité de communication, de formation et de prévention de la brigade des stupéfiants intervient au sein des établissements scolaires, dans les milieux professionnels extérieurs et aussi policiers. À ce titre, à Paris intra-muros, les jeunes âgés de 17 ans sont particulièrement sensibilisés au phénomène de la drogue. Ce service est intervenu dans le milieu éducatif auprès de 6 842 personnes en 2007, 7 737 en 2008 et 6 057 pendant l'année 2009.La préfecture de police a organisé le jeudi 3 juin 2010 une action de prévention « spéciale cocaïne » en partenariat avec la MILDT (Mission interministérielle de la lutte contre les drogues et la toxicomanie), le rectorat, et le parquet. Les interventions de policiers de la brigade des stupéfiants, des experts médicaux et des spécialistes de la géopolitique de la coca ont sensibilisé le grand public sur les enjeux de la lutte contre le trafic de drogue. Le contenu pédagogique de cette soirée est disponible en ligne sur Internet et les services de police sont disposés à présenter le contenu dans des actions préventives.