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Revalorisation de l'aide au poste pour les entreprises d'insertion et les entreprises de travail temporaire d'insertion

13e législature

Question écrite n° 14608 de M. Jean-Claude Merceron (Vendée - UC)

publiée dans le JO Sénat du 22/07/2010 - page 1901

M. Jean-Claude Merceron attire l'attention de M. le secrétaire d'État chargé de l'emploi sur la situation des entreprises d'insertion (EI) et des entreprises de travail temporaire d'insertion (ETTI).

En effet, depuis maintenant 25 ans, ces entreprises contribuent à la réinsertion de chômeurs en grande difficulté.
Cette mission d'accompagnement non seulement professionnel mais social apporté à des personnes fragiles est assortie d'une contrepartie financière, « l'aide au poste », qui permet, à juste titre, de rémunérer le surcoût lié à l'accueil d'un public en grande difficulté.

Or, ce financement n'est pas indexé et n'a pas été revalorisé depuis dix ans, ce qui menace la survie de ces entreprises.

C'est la raison pour laquelle il lui demande de bien vouloir prendre les dispositions budgétaires indispensables et de lui indiquer les projets du Gouvernement pour reconnaître et valoriser la place de ces entreprises dans les politiques publiques de l'emploi et de la lutte contre l'exclusion.




Réponse du Secrétariat d'État chargé de l'emploi

publiée dans le JO Sénat du 19/08/2010 - page 2133

Il doit être souligné qu'entre 2004 et 2010, s'il n'y a pas eu de revalorisation de l'aide au poste des entreprises d'insertion (EI), les crédits consacrés globalement à l'insertion par l'activité économique (IAE) ont été doublés (dont 60 % d'augmentation pour les EI). Dès lors, la seule argumentation portant sur le montant de l'aide au poste unitaire méconnaît le fort effet volume sur les financements et le nombre d'aides au poste ainsi financées. Dans le contexte de maîtrise des finances publiques, il a été décidé de préserver dans le projet de loi de finances les crédits alloués à l'IAE pour 2011, alors même que les crédits d'intervention de l'État se verront appliquer une norme de baisse de 5 %. C'est la marque de l'attachement que le Gouvernement porte au secteur de l'IAE, acteur essentiel de retour à l'emploi des publics qui en sont le plus éloignés sur nos territoires. S'agissant des modalités de financement, il convient de rappeler que les acteurs du secteur ont souhaité, à l'occasion du Grenelle de l'insertion, organiser la sortie d'un système d'aide forfaitaire (aide au poste pour les EI, contrats aidés pour les ateliers et chantiers d'insertion), et se sont prononcés en faveur de la généralisation d'une « aide au poste modulable et encadrée ». Il est clair qu'une telle aide modulable en fonction de critères à définir, actuellement en discussion, doit permettre un soutien différencié aux structures d'IAE, tenant compte des coûts réels de l'insertion, de telle sorte que la question de mesures générales uniformes de revalorisation de l'aide au poste ne se poserait plus à l'avenir. Des expérimentations ont été menées sur la base d'une centaine de structures dans quatre territoires en 2010 en vue de préparer de telles aides modulables. Un bilan d'étape de cette expérimentation a eu lieu en juin 2010, au terme duquel les acteurs de l'IAE ont proposé la poursuite des travaux en 2011, avant une généralisation de la réforme susvisée. Des travaux se poursuivront cette même année dans le cadre du Conseil national de l'IAE, en prenant en compte les travaux conduits sur le modèle économique des SIAE, en vue de déterminer les coûts réels de l'insertion, leurs modes de prises en charge et les productions économiques et sociales de l'IAE. Par ailleurs, dès 2011, l'État proposera aux SIAE volontaires, et en associant les collectivités territoriales qui le souhaitent, des contrats de performance qui enrichiront les travaux préalables à une réforme du financement des SIAE. Un groupe de travail sera mis en place à la rentrée 2010 afin de travailler avec les acteurs sur les contours et les principes de ces contrats de performance.