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Création de salles d'injection de drogues sous surveillance médicale

13e législature

Question écrite n° 14994 de M. Jacky Le Menn (Ille-et-Vilaine - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 09/09/2010 - page 2304

M. Jacky Le Menn appelle l'attention de M. le Premier ministre sur l'intérêt des salles d'injection de drogues sous surveillance médicale pour la prévention, le soin et les démarches de sevrage et d'arrêt des produits.
En effet, cette idée tire toute sa force des expériences positives conduites dans huit pays, dont la Suisse, l'Allemagne, et les Pays-Bas et est appuyée par l'avis favorable de la commission d'experts de l'INSERM. Localement des villes sont prêtes à mettre en œuvre ce nouvel outil de lutte contre les contaminations qui frappent les usagers de drogue.
A Rennes, l'association AIDES, soutenue par la municipalité, gère un centre d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour les usagers de drogues qui reçoit près de 300 personnes. Elle voit dans ces salles une nouvelle alternative pour permettre aux usagers de drogue de réduire les risques infectieux.
C'est faire un mauvais procès que d'assimiler ce dispositif à un encouragement à la consommation de drogues. Il s'agit au contraire d'en limiter les risques en créant une «porte d'entrée vers le soin», un espace qui permette de déclencher la prévention, et un endroit d'accueil où l'on puisse recréer du lien social. Ce dispositif participerait d'une chaine d'accès à la prévention jusqu'aux démarches de sevrage et d'arrêt des produits. Rappelons-nous l'année 1987 : la loi sur la vente libre de seringues, puis l'ouverture des programmes d'échange de seringues avaient déjà suscité des débats politiques importants. Pourtant, aujourd'hui, ces mesures ont permis d'afficher une baisse conséquente des contaminations au VIH chez les usagers de drogue. Dans les années 80, environ 80% des usagers de drogues étaient contaminés par le VIH ; grâce à ces mesures ils ne sont plus que 3%.
Il est normal que dans notre pays, la lutte contre le trafic de drogue mobilise l'État dans un effort de tous les instants. Toutefois il lui demande de bien vouloir lui préciser les orientations qui pourraient être adoptées pour que ce qui représente un impératif national ne ferme pas la porte à la création de salles de consommation supervisées qui, en améliorant l'accès aux soins pour des usagers souvent en situation de précarité, les orientent vers des démarches de sevrage tout en protégeant leur santé.

Transmise au Ministère des affaires sociales et de la santé



La question est caduque