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Résistance à l'inflammabilité des canapés et matelas

13e législature

Question écrite n° 15419 de M. Alain Houpert (Côte-d'Or - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 07/10/2010 - page 2575

M. Alain Houpert attire l'attention de M. le secrétaire d'État chargé du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des services et de la consommation sur l'absence de normes de sécurité incendie concernant la commercialisation des canapés, meubles rembourrés à usage domestique et matelas. Si, dans certains pays anglo-saxons, des tests obligatoires subordonnent la mise sur le marché de ces produits composés de matières synthétiques ou incorporant des substances ignifugeantes à des tests, les normes européennes ne prévoient pas de soumettre ces produits aux tests de résistance à l'inflammabilité (cigarette, flamme d'allumette ou briquet, chute d'un objet enflammé). Or divers accidents domestiques se sont déjà avérés mortels, notamment par dégagement de fumées toxiques et asphyxiantes, ces mobiliers n'offrant pas de résistance suffisante à la combustion, comme le révèle une récente étude réalisée sous l'égide de l'association UFC-Que Choisir. C'est pourquoi il lui demande quelles initiatives il entend prendre pour renforcer la sécurité domestique des futurs acquéreurs de ces mobiliers.



Réponse du Secrétariat d'État chargé du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des services, des professions libérales et de la consommation

publiée dans le JO Sénat du 31/03/2011 - page 801

L'hypothèse d'une obligation de résistance des meubles rembourrés au test dit « de l'allumette », et a fortiori à celui de l'élément enflammé, soulève des interrogations quant aux conséquences potentielles de l'utilisation de substances chimiques pour limiter l'inflammabilité des meubles rembourrés, que ce soit au regard des incertitudes quant à leurs effets à long terme sur la santé humaine, ou au regard des contraintes qu'elles peuvent poser en matière de recyclage des meubles rembourrés. Afin de lever ces incertitudes, la France avait souhaité qu'une étude soit menée sur les propriétés toxicologiques des substances ignifugeantes. La Commission européenne a diligenté cette étude dont les résultats sont attendus dans les tous prochains mois. Dans ce contexte, les autorités françaises mènent actuellement une concertation afin d'élaborer de nouvelles mesures pour améliorer la résistance au feu des meubles rembourrés, tout en veillant à l'innocuité et à l'impact sur l'environnement des solutions retenues. De manière plus générale, le Gouvernement entend mener une politique globale et déterminée dans la lutte contre les incendies, afin d'agir simultanément sur tous les facteurs susceptibles de réduire le nombre de victimes. Il s'agit d'abord de lutter contre les sources d'incendie, au premier rang desquelles figurent les cigarettes. Une norme européenne a été adoptée le 16 novembre 2010, afin de réduire le potentiel incendiaire des cigarettes, qui s'éteindront d'elles-mêmes en l'absence d'action du fumeur. Cette nouvelle norme s'imposera dans moins d'un an, sur tout le territoire de l'Union. Il s'agit également de réduire le nombre de décès par l'alerte en cas d'incendie. La plupart des décès surviennent la nuit, les victimes étant intoxiquées par les fumées dans leur sommeil. En application de la loi n° 2010-238 du 9 mars 2010, le décret n° 2011-36 du 10 janvier 2011 impose que tous les logements soient équipés avant le 8 mars 2015 de détecteurs autonomes et automatiques de fumées (DAAF) qui ont permis, dans tous les pays où leur usage a été imposé, de réduire significativement le nombre des victimes d'incendies domestiques.