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Situation des éleveurs de viande bovine en Côte-d'Or

13e législature

Question écrite n° 16068 de M. Alain Houpert (Côte-d'Or - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 18/11/2010 - page 2994

M. Alain Houpert attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire sur la situation des éleveurs de viande bovine dans le département de la Côte-d'Or. En effet, la viande payée chez l'éleveur à 2,90 € le kilo est achetée à 8 € le kilo aux abattoirs, puis est revendue à 15 € en moyenne sur les étals des grandes surfaces. De plus, la hausse du prix des céréales, conjuguée à un prix d'achat en baisse depuis 3 ans, a de lourdes répercussions sur les revenus des agriculteurs dont les charges d'élevage ont augmenté de 35% en quatre ans. Ne pense-t-il pas, en conséquence, qu'un véritable accord est nécessaire avec la grande distribution afin que le partage des marges soit équitable pour chaque acteur et que l'éleveur ne soit plus la variable d'ajustement ? Une formation des prix dans la filière et une juste répartition des marges permettraient de préserver la rentabilité de notre élevage alors que certains éleveurs n'ont plus, aujourd'hui, de quoi vivre décemment. Il le remercie de sa réponse



Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire

publiée dans le JO Sénat du 27/01/2011 - page 195

La volatilité accrue des prix agricoles depuis 2007 résulte de la plus forte mondialisation des marchés des matières premières avec une demande moins maîtrisable, alors que les mécanismes de régulation de l'offre communautaire sont moins présents. Ainsi, le coût des matières premières entrant dans la composition des aliments du bétail a subi une forte hausse en 2010, affectant la rentabilité des productions hors sol. S'agissant des mesures immédiates visant à contrôler la hausse des aliments du bétail et afin d'alléger notamment les tensions sur les marchés céréaliers, les stocks d'intervention d'orge seront libérés prochainement. Les droits à l'importation sont nuls sur le maïs et le sorgho, qui peuvent donc être intégrés à moindre coût par les fabricants d'aliments du bétail dans leurs formulations. La question de l'impact des prix agricoles sur la formation des prix alimentaires est sensible et complexe. La variation des prix agricoles engendre, dans la filière agroalimentaire, des répercussions différentes selon les secteurs, le niveau de transformation du produit et les circuits de distribution. Afin d'améliorer les relations entre fournisseurs et distributeurs, la loi de modernisation de l'économie a modifié en 2008 les règles commerciales pour introduire plus de négociations sur les tarifs et plus de concurrence dans la politique d'achat de la distribution, afin de faire baisser les prix de vente au consommateur. La baisse des prix et la réduction des marges au profit du consommateur se heurte cependant à la hausse du prix des matières premières, sur un marché mondialisé. Lancé en décembre 2008, l'Observatoire de la formation des prix et marges des produits alimentaires a été renforcé par la loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche du 27 juillet 2010. M. Philippe Chalmin a été nommé président de l'observatoire. Il sera assisté par des experts indépendants, bénéficiera du concours de FranceAgriMer et aura accès à toutes les données de la statistique publique, dont notamment l'INSEE. Des études complémentaires pourront être lancées. Il s'agit de rendre les informations relatives aux mécanismes de formation des prix alimentaires plus accessibles et d'en améliorer la compréhension, à l'aide d'informations objectives sur l'évolution des prix et des marges des différents intervenants des filières agricoles et alimentaires. Les prochains travaux porteront sur la filière bovine, les vins sans indication géographique et les céréales. Un site Internet dédié sera développé. Le premier rapport sera remis au Parlement au printemps 2011.