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Réforme des lycées et problématiques soulevées pour les filières scientifiques

13e législature

Question écrite n° 16077 de M. François Rebsamen (Côte-d'Or - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 18/11/2010 - page 3000

Rappelle la question 12627

M. François Rebsamen rappelle à M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative les termes de sa question n°12627 posée le 18/03/2010 sous le titre : " Réforme des lycées et problématiques soulevées pour les filières scientifiques ", qui n'a pas obtenu de réponse à ce jour.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative

publiée dans le JO Sénat du 26/05/2011 - page 1384

Les arrêtés du 27 janvier 2010 publiés au Journal officiel de la République française du 28 janvier 2010 définissent l'organisation et les horaires de la classe de seconde générale et technologique et du cycle terminal de la voie générale dans le cadre de la réforme du lycée. Cette dernière est entrée en vigueur depuis la rentrée 2010 en classe de seconde générale et technologique. Elle s'appliquera, à compter de la rentrée 2011, en classe de première et de la rentrée 2012, en classe terminale. Au préalable, il convient de rappeler les objectifs généraux de cette réforme : mettre fin à la hiérarchie entre les séries pour faire de chacune d'elles une voie d'excellence à part entière ; instaurer une spécialisation progressive entre la classe de première et celle de terminale, pour permettre une plus grande fluidité des parcours, autoriser la réversibilité des choix d'orientation et des corrections de trajectoire ; renforcer la caractérisation de chaque série en classe terminale de manière à mieux assurer la transition vers l'enseignement supérieur ; répondre de manière plus étroite et plus diversifiée aux besoins des élèves par l'introduction de deux heures d'accompagnement personnalisé pour tous. La spécialisation progressive évoquée plus haut doit permettre, en classe de seconde, de familiariser les élèves à la démarche scientifique et de favoriser l'appétence pour les études scientifiques, en classe de première d'amorcer une formation scientifique plus spécifique dans le cadre de la série S, en classe terminale de la renforcer dans la perspective de poursuite d'études. L'existence d'un tronc commun d'enseignement à toutes les séries générales est une des mesures essentielles pour enrayer la hiérarchisation entre les séries qui, dans l'ancien système, était fondée sur une spécialisation trop précoce dès la classe de première. En classe de seconde, les élèves ont la possibilité de suivre, en plus des enseignements scientifiques du tronc commun obligatoire, un enseignement d'exploration de « méthodes et pratiques scientifiques » d'une durée hebdomadaire d'une heure trente. À la rentrée 2010, cet enseignement a été choisi par 157 000 élèves (enseignement public et privé) ; soit près d'un tiers des élèves de seconde. Ce vivier potentiel important est de nature à susciter plus que par le passé des « vocations scientifiques ». Cet enseignement favorise une autre approche des sciences que celle dispensée dans le cadre disciplinaire traditionnel. Il a en effet pour objectif de familiariser les élèves avec les démarches scientifiques autour de projets impliquant la physique-chimie, les sciences de la vie et de la Terre et les mathématiques. Cet enseignement vise à montrer l'apport et l'importance de ces matières pour aborder les grandes questions scientifiques qui se posent aux sociétés modernes. Parmi les thèmes proposés, figurent notamment : « sciences et aliments », « science et vision du monde », « science et prévention des risques d'origine humaine ». Dans le cycle terminal de la série S, l'objectif est d'attirer en priorité les élèves motivés par les sciences. Le caractère scientifique de cette série est mieux marqué : les mathématiques et les sciences expérimentales sont clairement identifiées comme des disciplines dominantes et il s'agit de permettre aux élèves de construire par étape un parcours qui favorise des poursuites d'études supérieures scientifiques. Au total, sur l'ensemble du cycle terminal (classe de première et terminale S), l'horaire consacré aux sciences représente plus de 50 % de l'horaire total. Il faut se garder toutefois d'une approche purement quantitative en termes d'horaires de cours proprement dits. Les diminutions d'horaire en classe de première sont en effet compensées par le développement d'activités complémentaires ou transdisciplinaires qui permettent de développer les méthodes propres aux sciences. Ces activités sont aussi des enseignements, qui confortent un total d'horaire global consacré aux sciences dans le cycle terminal (première et terminale). D'une part, les travaux personnels encadrés qui portent sur les disciplines dominantes de la série et donnent une approche pluridisciplinaire des sciences seront maintenus en classe de première. D'autre part, l'accompagnement personnalisé favorise l'acquisition de compétences et de méthodes propres à la série, notamment pour ce qui est des disciplines scientifiques. En classe terminale, l'horaire de mathématiques est augmenté d'une demi-heure et celui des sciences expérimentales reste stable. Des enseignements de spécialité de mathématiques, physique chimie et sciences de la vie et de la Terre de deux heures hebdomadaires pourront en outre être choisis par les élèves de la série S qui le souhaitent. À ces enseignements s'ajoutera un nouvel enseignement d'« informatique et sciences du numérique ». Dans cette même classe, dans l'optique de donner plus particulièrement aux élèves des compétences pour la poursuite d'études supérieures, l'ancrage scientifique de l'accompagnement personnalisé sera particulièrement affirmé comme le précise l'article 4 de l'arrêté du 27 janvier 2010 relatif à l'organisation du cycle terminal de la voie générale qui prévoit qu'en classe terminale, « l'accompagnement personnalisé prend prioritairement appui sur les enseignements spécifiques de chaque série ». Au total, la nouvelle approche des sciences induite par la réforme du lycée devrait se traduire par une augmentation des flux d'élèves de la série S se dirigeant vers des études supérieures scientifiques.