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Le trafic de médicaments

13e législature

Question crible thématique n° 0132C de Mme Marie-Thérèse Hermange (Paris - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 12/01/2011

Concerne le thème :Le trafic de médicaments

Mme Marie-Thérèse Hermange. Je voudrais d'abord remercier la conférence des présidents d'avoir inscrit ce sujet à l'ordre du jour. Les médicaments ne sont effectivement pas des marchandises comme les autres, et la fraude met ici en jeu des vies humaines, puisque vendre un faux médicament à un malade, c'est l'empoisonner.

Je ne reviendrai pas sur les chiffres qui ont été évoqués par mes collègues. Je voudrais néanmoins rappeler qu'un médicament sur quatre utilisés dans les pays en voie de développement est faux et que 200 000 décès par an pourraient être évités si les médicaments prescrits contre le paludisme étaient conformes à la réglementation et susceptibles de traiter réellement la maladie.

On l'a dit, la France est relativement épargnée par ce phénomène. Elle ne l'est pas totalement, parce qu'il existe différentes formes de trafics : la quantité de principe actif du médicament peut être trop faible ou trop forte, celui-ci peut être inexistant, voire remplacé par une substance toxique. C'est ainsi, par exemple, que l'on a récemment assisté, dans un pays d'Afrique, à la mort d'une centaine de nourrissons qui avaient absorbé du faux sirop au paracétamol.

Comme l'a souligné Gilbert Barbier, la France n'est donc pas à l'abri de ce trafic, du fait du détournement et de la vente de médicaments à d'autres fins que thérapeutiques ou de l'augmentation de la vente de faux médicaments sur Internet.

Le Conseil de l'Europe a élaboré une convention intitulée « MEDICRIME », qui doit être signée en 2011 par les ministres des affaires étrangères de quarante-sept de ses États membres.

M. le président. Veuillez poser votre question, ma chère collègue.

Mme Marie-Thérèse Hermange. Madame la secrétaire d'État, je voudrais savoir si le Président de la République a l'intention de signer l'appel de Cotonou et si la France compte s'engager concrètement dans cette lutte, au travers d'un soutien financier – par exemple, à l'Agence française de développement – et d'une pénalisation de ce trafic. Enfin, ce sujet sera-t-il porté au sein du G8 présidé par la France ? (M. Gilbert Barbier applaudit.)



Réponse du Secrétariat d'État chargé de la santé

publiée dans le JO Sénat du 12/01/2011 - page 38

Mme Nora Berra, secrétaire d'État. Madame Hermange, il est très difficile, aujourd'hui, d'évaluer les budgets alloués spécifiquement aux actions de lutte contre le trafic de médicaments, car la comptabilité des organismes concernés ne permet pas de les mettre en exergue. Néanmoins, la lutte contre le trafic de faux médicaments est bien évidemment une priorité pour les autorités sanitaires.

S'agissant de la convention MEDICRIME, l'appel de Cotonou a effectivement donné l'élan, car l'ensemble des pays ont été invités à rejoindre une démarche visant à élaborer de bonnes pratiques internationales, afin de protéger les personnes, notamment dans les pays en voie de développement, où les besoins sont criants mais l'offre est insuffisante.

Le Conseil de l'Europe a adopté cette convention le 9 décembre 2010. La France a participé à l'élaboration du texte et a soutenu l'objectif fixé. Cette convention, premier instrument international dans le domaine du droit pénal, fait obligation aux États parties d'ériger en infraction pénale la fabrication de médicaments contrefaits.

Je le répète, la convention sera ouverte à la signature dès 2011. Nous serons bien entendu mobilisés aux côtés des autres pays concernés. Cette initiative dépasse, d'ailleurs, le cadre européen, et l'on peut souligner la mobilisation du Canada, du Japon et d'Israël, présents en qualité d'observateurs.

M. le président. La parole est à Mme Marie-Thérèse Hermange, pour la réplique.

Mme Marie-Thérèse Hermange. Je serai très brève, pour laisser du temps à mon collègue Alain Milon, mais j'aurais souhaité que Mme la secrétaire d'État nous confirme que le Président de la République signera l'appel de Cotonou et que ce sujet sera bien porté au niveau du G8. (Applaudissements sur certaines travées du groupe CRC-SPG.)